Le centre d'hébergement Cooke de Trois-Rivières

La vie dans un centre de soins de longue durée

Dans les centres des soins de longue durée, les préposés et les infirmières sont rendus à bout de souffle. Je vais vous dire la raison.

Ici à la résidence Cooke de Trois-Rivières, il y a 45 personnes par unité qu’il faut habiller le matin et les amener à la salle à manger pour le déjeuner. Ils sont sept préposés pour 45 résidents. Le pire dans tout cela, c’est d’entendre crier les résidents du matin jusqu’au soir. Les préposés et les infirmières s’en vont vers 15 heures chez eux. Ils ont fini leur quart de travail. Arrive le changement de 15 h à 23 h. Ça continue de crier. Il y a des résidents qui vont dans les chambres des autres. Il faut toujours garder l’œil ouvert. Évidemment, ce n’est pas de leur faute. Mais on n’est pas obligé d’endurer cela.

Le plus gros problème de la société, c’est les résidences pour personnes en perte d’autonomie. Les dirigeants prennent les cas les plus pressants. 

Faites une évaluation de la personne avant de l’envoyer dans une chambre. Il y en a qui prennent les gens âgés comme des esclaves. C’est grave. Quand je vois des choses comme ça, qui se passent dans d’autres foyers, je me dis en moi-même: je suis chanceux d’être capable de garder les yeux ouverts.

Moi, je veux vivre jusqu’à 100 ans. Mais si je demeure toujours à la résidence, ça sera pas long que mes capacités vont diminuer très rapidement. Moi, j’ai la chance de jouer du xylophone avec ma bouche au centre-ville de Trois-Rivières. 

Les personnes qui me voient jouer pour la première fois sont étonnées de me voir. C’est ça qui me tient vivant. Et je suis heureux comme ça.

Yvon Bertrand, résident

Centre d’hébergement Cooke

Trois-Rivières