Selon l’auteur de ce texte, c’est tout le système scolaire qu’il faudrait réformer.

La taxe scolaire: il faut l’abolir

Dans une excellente note du 26 février, l’économiste Gilles Bergeron, de Saguenay, souligne de façon étoffée les aberrations du système de taxe scolaire au Québec. Un système où le taux de taxation dans la région de Trois-Rivières peut être près de trois fois plus élevé que dans la commission scolaire (CS) d’une autre région.

Il est aussi apparent et désastreux à plusieurs points de vue que «le système de taxe scolaire actuel du Québec est le résultat de plusieurs années de bricolage sans fil conducteur…», comme il l’écrit. Un bricolage qui a tenté de maintenir toutes sortes de privilèges, qui coûte extrêmement cher, et qui donne finalement des résultats déplorables: décrochage, analphabétisme, division sociale, écoles privilégiées indûment, indiscipline, inculture, enseignants surchargés, malheureux, sous-payés et démissionnaires, etc.

Mais, ce ne sont certainement pas des actions menées seulement auprès des commissions scolaires abusives qui suffiront: elles resteront futiles. C’est tout le système scolaire de A à Z qu’il faut réformer dans les plus brefs délais pour éviter le pire.

Au départ, il convient de rappeler que la mission fondamentale de l’école est d’instruire, d’éduquer et de permettre l’épanouissement des talents de chaque citoyen, dans le respect des différences, en vue du bonheur individuel, de l’harmonie sociale et de la prospérité. À cet effet, on peut logiquement proposer les principaux points suivants:

• Les CS qui sont des structures archaïques du 19e siècle doivent être abolies, et remplacées dans chaque région par une direction académique régionale (DAR) légère, agréée par le ministère de l’Éducation qui assure la coordination académique des écoles et l’engagement du personnel selon les critères rigoureux décrétés par le ministère à partir des recommandations du Conseil supérieur de l’éducation (CSE). Les personnels des CS seront intégrés dans les nouveaux organismes.

• Comme elle est profondément injuste, la taxe scolaire sur les propriétés est abolie. Le ministère de l’Éducation doit être entièrement responsable de la distribution équitable des budgets de fonctionnement et d’investissement sur tout le territoire du Québec, en fonction des particularités régionales. Dorénavant, une combinaison de l’impôt sur le revenu et de la taxe de vente servira au financement du système scolaire en entier.

• Les ressources de l’État doivent servir essentiellement à financer, maintenir et développer un système d’enseignement public de langue française diversifié de la plus haute qualité, de l’école maternelle à l’Université. On ne peut plus tolérer la disparité de qualité générale et de moyens entre les écoles sur tout le territoire.

• Toutes les écoles jusqu’au secondaire seront largement autonomes et gérées localement par un conseil académique formé du directeur, du directeur adjoint, de trois enseignants élus parmi leurs pairs et de quatre représentants des parents d’élève désignés par l’assemblée des parents pour un mandat de deux ans.

• L’assemblée des parents est formée de tous les parents d’élèves qui se réunissent au moins une fois par année.

• Les directeurs d’école sont choisis par la DAR parmi les enseignants qui ont une expérience d’au moins dix ans et des réalisations significatives.

En aurons-nous la volonté?

Jean-Luc Dion

Ingénieur et professeur retraité, UQTR

Trois-Rivières