La surtaxe de la COVID-19 refilée aux consommateurs

OPINIONS / Je désire, par la présente, contester le fait qu’il revient aux consommateurs d’assumer les coûts des mesures sanitaires de protection implantées au sein des commerces et exigées par l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), ce qui signifie donc une augmentation approximative de 10 % à 15 % de la facture émise. Cette hausse est, d’ailleurs, déjà en vigueur depuis le 1er juin notamment dans les cliniques dentaires, les salons de coiffure et d’esthétique, etc..

Tout en reconnaissant la pertinence de ces mesures, je rejette d’emblée cependant celle me désignant, en ma qualité de cliente, seule responsable de l’acquittement d’un tel investissement. Autrement dit, non seulement je contribue à la rentabilité d’une entreprise mais je dois également éponger une partie de ses dettes! Cherchez l’erreur… Pourtant lesdites mesures visent autant la protection des propriétaires, de leur personnel que de la clientèle. Pourquoi alors cibler, voire pénaliser, uniquement cette dernière catégorie pour en absorber les frais?

Il me semble qu’il reviendrait davantage au gouvernement de trouver une solution de dédommagement pour les investisseurs concernés que le mode actuel de réclamation. Ce serait certes davantage logique et surtout moins révoltant que de dégarnir encore le portefeuille des contribuables pour résoudre le problème. Sans oublier les risques d’ouvrir grand les portes aux abus en favorisant cette approche. Comment effectivement savoir le coût réel des sommes injectées par les divers commerçants pour se conformer aux normes sanitaires? Combien de déductions vont réellement être effectuées sur le prix global de la facture à chaque montant versé par un client? Combien de versements semblables vont aussi être requis pour en régler la totalité? Bref, comment assurer une gestion saine, honnête et équitable d’un système administratif aussi précaire? Guère évident de répondre franchement à ces questionnements au point de me demander si, en plus de me protéger du virus, je ne devrai pas aussi me protéger d’éventuelles fraudes possibles…

Considérant la flambée notoire des prix à presque tous les niveaux en raison de la pandémie, la chute du marché boursier, le taux d’endettement élevé de plusieurs, je crains fort que le seuil de pauvreté accueille malheureusement en son sein un nombre accru de nouveaux membres. C’est, d’ailleurs, déjà commencé. Il serait donc grandement temps et amplement justifié, à mon humble avis, de songer maintenant à accorder un certain répit économique aux consommateurs. D’autant plus que les salaires ou revenus de la majorité d’entre nous ne subissent guère malheureusement, et de loin, la même inflation. On a beau vouloir toujours presser le même citron mais encore faut-il la présence de jus à extraire, n’est-ce pas?

J’ai déjà transmis cette opinion auprès de ministres et députés des deux paliers gouvernementaux pour ne recevoir de leur bureau qu’un simple accusé de réception. À défaut d’un suivi concret de leur part à ce jour, je crois opportun d’aussi sensibiliser la population à cette déplorable situation et d’inviter chacun à la décrier parce qu’injuste.

Diane Beaudoin, retraitée

Trois-Rivières