L’auteur de cette lettre brosse un portrait de l’évolution du concept de l’amour à travers les âges.

La «r’évolution» de l’amour!

Au fil des siècles, l’art sous toutes ses formes célèbre l’expression de l’amour, ce noble sentiment, issu de la valeur inestimable de la vie et de l’importance de la liberté.

Selon Freud: «Nous ne sommes jamais aussi mal protégés contre la souffrance, que lorsque nous aimons!». C’est vrai, mais prendre le risque d’aimer est tellement plus gratifiant que de vivre la solitude engendrée par la haine et le mépris du passé.

L’amour désigne un sentiment d’affection ou d’attachement qui pousse ceux qui le ressentent à rechercher une proximité physique, spirituelle ou même imaginaire. Il réfère à un profond sentiment de tendresse, allant de l’amour familial à l’amour passionné, en passant par l’amour platonique ou religieux. À San Francisco, pendant les années 60, le «love, sex and fun» des hippies a grandement contribué à faire reconnaître la communauté gay, émergente depuis Pearl Harbor, en 1941.

Quel est le grand principe de l’amour? Éprouver des sentiments permettant de partager librement le plaisir, sans obligation, domination ou humiliation. Personne n’est un passe-temps. À quand un manuel de «bienséance» pour apprendre que l’amour ne donne aucun droit sur l’autre, seulement le devoir de le respecter?

La première histoire d’amour, c’est la famille. À ce chapitre, le christianisme se définit comme la religion du Verbe incarné et de l’amour révélé, l’incarnation se produisant au moment où l’esprit se recouvre de chair, générant ainsi un nouvel «être vivant», qui sera unique. N’est-ce pas la description exacte de notre propre conception? Nous aimons d’abord avec notre esprit, ensuite avec notre corps. Depuis 2000 ans, la Bible nous enseigne: «Aimez-vous les uns les autres!»… Cette phrase usée, devenue un sujet de raillerie, est tellement chargée de sens…

Les mots «liberté, égalité, fraternité», appelant à la rébellion, lors de la Révolution française, apparaissent pour la première fois en 1789.

L’article un de la Déclaration universelle des droits de l’Homme, adoptée en 1948 par les Nations Unies, s’énonce comme suit: «Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droit. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité», ce qui rejoint les valeurs de la chrétienté, omniprésente à cette époque, dans la grande famille humaine.

En 1967, Pierre-Elliott Trudeau, alors ministre fédéral de la Justice, déclarait: «L’État n’a rien à faire dans les chambres à coucher». Le «Bill omnibus», approuvé le 14 mai 1969, a décriminalisé l’homosexualité et légalisé l’avortement.

Pour renchérir, la Charte canadienne des droits et libertés, votée le 17 avril 1982, précise à l’article 7: «Chacun a le droit à la vie, à la liberté et à la sécurité de sa personne», en omettant l’égalité et la fraternité, si chères à nos ancêtres, pour les remplacer par la vie et la sécurité, soulevant ainsi plusieurs contradictions dans son application (avortement, euthanasie, accès aux soins)…

Comme tous les citoyens sont libres d’agir selon leur conscience et d’émettre leur opinion, pourquoi les gouvernements canadiens et américains nous orientent-ils, involontairement (?), à devenir sexistes et racistes, alors que la majorité d’entre nous ne l’est pas, ou du moins, ne l’est plus?

À quoi servent exactement tous ces beaux textes de loi, quand les crimes contre l’humanité se multiplient et que nous assistons à une escalade de provocation et de violence, entre les hommes et les femmes? Hélas, en serions-nous arrivés à vouloir changer le prince en crapaud? Rien ne remplace le bon jugement, et l’éducation reçue doit servir d’exemple…

Trois phénomènes sont susceptibles d’être responsables de la mutation de la nature humaine. Le premier relève de la santé mentale, et le second est provoqué par la surmédiatisation de crimes sexuels insolites, qui ravive l’attention des abuseurs, en leur rendant familier un comportement déviant. Troisièmement, le sexe, l’alcool et les drogues sont les exutoires des assoiffés de pouvoir et d’éternité que nous sommes. S’apprécier soi-même, avant de fusionner avec le bonheur des autres, demeure la meilleure conduite à adopter!

L’amour consolide l’instinct de survie. La galanterie et la séduction traduisent l’admiration et l’attirance, et correspondent à un comportement inné des hommes envers les femmes, qui portent et éduquent leurs enfants, en transmettant les valeurs sociales, morales et culturelles… qui sont les principaux instruments de l’assimilation…

Gardons toujours en tête que la liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui. Un homme ne peut forcer une femme à avoir des relations avec lui, pas plus qu’une femme ne peut obliger sciemment, un homme à concevoir un enfant avec elle… Chacun de nous dirige sa vie comme il l’entend!

Manifestement, tous les êtres humains rencontrent l’amour, et quand la souffrance frappe, rappelons-nous que: «Un jour l’amour dit à l’amitié: ‘‘Pourquoi existes-tu, puisque je suis là?’’ et l‘amitié lui répondit: ‘‘Pour ramener un sourire là où tu as laissé des larmes’’.» (Lamartine, 1790-1869).

Nous ne sommes jamais vraiment seuls dans la vie!

Joyeuse Saint-Valentin!

Denyse St-Onge

Trois-Rivières