L'auteur, Jean-François Aubin, propose des pistes de réflexion pour la relance économique à Trois-Rivières.
L'auteur, Jean-François Aubin, propose des pistes de réflexion pour la relance économique à Trois-Rivières.

La relance, par où commence-t-on?

OPINION / Pour faire suite à un éditorial de Martin Francoeur dans Le Nouvelliste du 25 avril 2020, voici quelques propositions qui pourraient être reprises par le comité de relance créé par la Ville de Trois-Rivières. L’enjeu étant d’arriver à des moyens concrets pas juste des belles paroles.

1. Trois-Rivières, une ville exemplaire en commerce électronique?

La grande majorité de nos commerces ne sont pas encore en mesure d’offrir l’achat de leurs produits ou de leurs services en ligne. Ce n’est pas de la mauvaise volonté de nos commerces. Plusieurs de ces commerces sont petits et ont peu de ressources financières et humaines. Pourquoi ne pas aider toutes ces entreprises en créant un portail électronique «J’achète TR» et les aider à s’inscrire gratuitement sur ce portail? On ferait une pierre deux coups, en positionnant sérieusement notre ville pour le commerce électronique et en favorisant l’achat local.

2. Un pacte pour l’achat local

L’achat local est crucial pour aider à la relance. C’est à la Ville (ou à IDETR) de prendre le leadership de ce pacte qui réunirait des grands acheteurs institutionnels et privés vers une augmentation significative de leurs achats locaux.

3. Mise en place d’un service de livraison commun

La nouvelle réalité fait en sorte que pour plusieurs citoyens, utiliser un système de livraison est l’idéal. Mais plusieurs petits commerces n’ont pas les moyens de se payer à long terme un service de livraison. Cela pourrait donc être un service mutualisé et offert à coût abordable à tous les commerces. Cela devrait être une entreprise d’économie sociale qui n’a comme but que le service à la collectivité et non pas de s’enrichir sur le dos des petits commerces. Ce service de livraison serait écologique c’est-à-dire par vélo et auto électrique.

4. Repenser l’utilisation de l’espace public pour les cafés, les restos et les bars

Il faut profiter de cette crise pour penser en dehors des lieux communs. Donnons l’autorisation aux restos, cafés, bars d’occuper des espaces publiques habituellement non utilisés pour offrir leur service tout en conservant les consignes de distanciation sociale. Des sections de rue, des parcs, des terrains vacants pourraient être utilisés pour cela. Cela permettrait également à des artistes de tenir des représentations tout en respectant les mesures de santé publique.

5. Des spectacles autrement

Pourquoi ne pas penser un modèle de spectacle avec un tiers d’assistance en personne et les autres spectateurs à distance par diffusion avec un distributeur tel Cogeco ou autre (avec paiement). Cela permettrait de rentabiliser davantage les spectacles et de tenir compte que certains citoyens seront plus «frileux» à fréquenter une salle de spectacle.

6. Rendre plus fluide la circulation

Plus il sera agréable et facile pour les citoyens et les citoyennes de circuler dans notre ville, plus ils magasineront dans les commerces locaux. Accélérons, à vitesse grand V, le développement de nos pistes cyclables et les corridors sécuritaires de marche. Pour compléter le tout et faciliter les plus grandes distances, mettons le service d’autobus gratuit jusqu’en octobre prochain. Même les automobilistes seraient gagnants de telles propositions puisque cela faciliterait la circulation dans la ville.

7. Orienter notre tourisme vers le tourisme nature

Disons-le, nous avons développer à Trois-Rivières un tourisme qui est basé sur l’événementiel. Un type d’activité difficile en ces temps de pandémie. Pourtant, nous avons également une richesse majeure qui est la nature qui nous entoure en Mauricie. Le tourisme nature est une activité plus facile à pratiquer tout en respectant les règles de santé publique. Profitons-en pour développer ce secteur.

8. Le secteur communautaire et d’économie sociale

Même si on reconnaît que ces deux secteurs offrent des services essentiels dans notre communauté, on oublie parfois qu’ils sont également créateurs d’emplois. Plusieurs de ces organismes ont été affectés grandement par la crise. Pouvons-nous prévoir un programme particulier pour les soutenir? Des subventions en échange de travaux publics (plantation d’arbres, opération propreté) ou contrats spécifiques?

Jean-François Aubin

Trois-Rivières