La relance à Trois-Rivières, une réussite ou pas?

OPINIONS / À l’heure où le déconfinement s’accélère, le dossier de la relance devient de plus en plus d’actualité. Un enjeu majeur sera de déterminer à partir de quels critères pourrons-nous dire que la relance aura été une réussite ou non, et ce, tant au palier municipal que provincial. Nous savons que nous ne pouvons pas nous fier aveuglément sur la parole des politiciens ou des politiciennes.

Comment évaluer si nous aurons réussi la relance de notre ville suite à cette crise? Rien n’est jamais complet ou total, mais nous devrions pouvoir démontrer que nous avons fait des pas significatifs sur quelques éléments clés… sinon, ce ne sera que des vœux pieux. Voici dix critères de réussite qui pourraient nous permettre d’évaluer cette relance.

- Avons-nous permis que les gens retrouvent un emploi?

- Avons-nous amélioré la situation globale de nos aînés et particulièrement de ceux qui ont moins de moyens financiers?

- Avons-nous diminué les gaz à effet de serre sur notre territoire (augmentation des achats locaux, soutien au télétravail, augmentation de l’utilisation de l’autobus, de la marche, du vélo, des autos partagées, etc.)?

- Avons-nous investi dans des infrastructures favorisant le transport actif telle la passerelle traversant le Saint-Maurice à la hauteur du pont Radisson que l’on nous avait promise à la dernière élection municipale?

- Nous sommes-nous assurés que notre système d’aide alimentaire était en mesure d’aider tous ceux et celles qui en avaient besoin et que nous avions tout fait en notre mesure pour éliminer le gaspillage alimentaire?

- Avons-nous augmenté notre autonomie alimentaire en stimulant et encourageant le jardinage tant sur les terrains privés que publiqcs?

- Avons-nous mis en place des mesures pour favoriser tout ce qui est recyclage, réutilisation et réparation?

- Avons-nous diversifié nos attraits touristiques qui reposent beaucoup sur l’événementiel?

- Avons-nous trouvé des moyens de soutenir davantage la création de nos artistes et artisans par exemple en augmentant la part d’achat public dans ces secteurs?

- Avons-nous mis les mesures nécessaires pour mieux soutenir les organismes communautaires et les entreprises d’économie sociale qui jouent un rôle majeur pour la qualité de vie et la solidarité entre nous?

Avoir une relance axée seulement sur un aspect ou deux, serait d’une part inefficace et d’autre part, ce serait de ne pas tirer de leçons de la crise actuelle. Il ne faut pas juste «repartir la machine» mais également s’améliorer. Un autre danger à l’heure actuelle, c’est que les paliers de gouvernement (municipal, provincial et fédéral) se relancent la balle et attendent les uns après les autres. À tous les paliers, nous avons besoin de courage politique et d’élus qui nous proposent des actions. Pas des belles paroles. Du concret.

En conclusion, il faut ajouter l’importance d’avoir une vision du développement que l’on veut faire. Une simple addition de mesures, sans vision d’où nous voulons aller, ne nous mènera pas loin. Souhaitons-nous collectivement que les personnes qui ont été élues prendront les décisions avec ce courage politique et cette vision d’une relance qui nous permettra d’en sortir plus forts, plus solidaires et plus verts comme l’ont indiqué une quinzaine de maires récemment dans une lettre ouverte.

Jean-François Aubin

Trois-Rivières