Alain Gélinas et Michel Lemay, respectivement président et vice-président de la Coalition d’aide aux victimes de la pyrrhotite, sont parmi les signataires de cette lettre implorant les autorités du système de justice québécois de procéder avec célérité dans le dossier qui les concerne directement. Deux drames de front, pour beaucoup de victimes, c’est trop.

La pyrrhotite et le coronavirus, c’est trop!

OPINIONS / Les auteurs, Alain Gélinas, Michel Lemay et Yvon Héroux, représentent la Coalition d’aide aux victimes de la pyrrhotite, respectivement à titre de président, vice-président et coordonnateur. Ils adressent cette lettre ouverte au système de justice du Québec.

La crise de la pyrrhotite en Mauricie est en place depuis plus de dix ans et le premier procès dure depuis près de huit ans. Ce dossier est le plus gros vice de construction résidentiel dans l’histoire du Canada et a des impacts majeurs sur des milliers de familles.

Plus de 850 réclamants sont en attente du premier jugement en cour d’appel du Québec, depuis le 30 avril 2018 et à l’automne 2019, il fut envisagé que ce jugement tant attendu serait rendu au début de la présente année, ce qui n’est pas encore le cas.

Les conséquences dévastatrices du fléau de la pyrrhotite sur les familles touchées (suicides, dépressions, faillites, stress et autres) depuis bientôt onze ans sont à elles seules des impacts majeurs sur la vie familiale et financière de celles-ci.

À cela vient de s’additionner le coronavirus. En fonction des diverses consignes gouvernementales émises au cours des derniers jours, plusieurs de ces familles doivent maintenant supporter des contraintes supplémentaires fort importantes et leur niveau de détresse humaine vient d’augmenter significativement.

Que ce soit les impacts des mises à pied temporaires, la perte d’emplois et de revenus, les impacts financiers additionnels, la durée incertaine de la crise du coronavirus, les incertitudes et le stress, tous ces éléments viennent donc s’ajouter à un fardeau déjà très lourd pour toutes ces familles. Il faut aussi savoir que des milliers d’autres familles attendent depuis près de dix ans le démarrage des prochaines procédures judiciaires qui permettront éventuellement de régler leurs dossiers et qui pourraient encore prendre plusieurs années.

Certes, la justice doit suivre son cours, mais la situation actuelle est rendue insoutenable et le niveau de détresse humaine et financière atteint son paroxysme. À ce jour, le désastre de la pyrrhotite en Mauricie a généré plus de décès et de problèmes de santé que le coronavirus, lui-même.

Dans ce contexte, la Coalition d’aide aux victimes de la pyrrhotite en Mauricie (CAVP), implore le système de justice du Québec et les autorités en place à tout faire pour procéder au jugement final de ce dossier dans les plus brefs délais et idéalement d’ici la fin du mois de mars, afin que ce supplice de la goutte s’achève et que toutes les familles concernées puissent voir une lueur d’espoir.

Ces familles ont assez souffert et elles ne pourront supporter simultanément les impacts de la crise de la pyrrhotite et ceux générés par la COVID-19.

En leur nom et pour leur bien-être, nous demandons au système de justice du Québec et aux parties prenantes dans ce dossier de tout mettre en œuvre pour accélérer le jugement final, afin que celles-ci puissent recevoir sous peu des nouvelles positives qui viendraient mettre tout au moins un baume sur des blessures déjà profondes et de mieux les outiller pour traverser la tempête du coronavirus.

Nous vous demandons de faire preuve d’humanisme, d’imagination, de rapidité et du même leadership dont le gouvernement du Québec fait preuve dans la présente crise sanitaire et de mettre fin au supplice des victimes de la pyrrhotite en Mauricie, aux prises avec ce fléau depuis plus de dix ans.

Pour toutes ces familles et leurs proches, faire face à ces deux crises majeures simultanément est inhumain et dévastateur. S’il vous plaît, entendez ce message et pensez à eux!

La crise de la COVID-19 ne doit pas faire tomber aux oubliettes celle de la pyrrhotite, qui perdure depuis 2009.

La résilience humaine a ses limites et trop, c’est trop!