Les électeurs de la Mauricie, comme tous les électeurs du Québec, iront aux urnes le 1er octobre prochain. L’auteur de ce texte propose une réflexion sur les thèmes qui devraient être abordés par les candidats des circonscriptions de la région.

La prochaine campagne électorale et la Mauricie

Prochainement, nous serons appelés à nous prononcer sur le choix de nos représentants à l’Assemblée nationale du Québec. Ce vote sera précédé d’une campagne électorale. Vivre en démocratie est un privilège que certains citoyens de la planète n’ont jamais connu.

La présente lettre d’opinion a simplement comme objectif de partager des préoccupations et enjeux qui, à mon humble et modeste avis, devraient faire l’objet de débats et de discussions de la part des candidates et candidats qui souhaitent représenter les comtés jalonnant le territoire de la Mauricie et qui, actuellement, sont à se préparer avec leur équipe respective.

Il faut bien admettre que le contexte actuel des médias et des réseaux sociaux favorise des campagnes électorales qui sont axées sur les chefs mais aussi beaucoup trop sur l’image. Parfois, cela donne une impression de vivre dans une «démocratie de parade» où les élus ne sont pas vraiment influents.

Mon premier souhait est que les candidates et candidats de la Mauricie utilisent les tribunes médiatiques surtout pour faire valoir leur vision, leurs idées et leur plan d’action concret pour le développement de la région. À travers leurs propos et plan d’action, il y a lieu d’espérer que le bien-être de la région aura préséance sur les considérations de ligne de parti, sur leur image personnelle et sur leur carrière personnelle, et ce, dans l’éventualité où elles et ils seront élus.

Je souhaite donc que ces aspirants représentants de la région nous expliquent comment ils comptent faire baisser le décrochage scolaire qui est plus élevé en Mauricie que la moyenne québécoise, selon les études récentes publiées par le Gouvernement du Québec.

Je souhaite qu’ils nous expliquent les initiatives par lesquelles ils vont favoriser la création d’emplois durables dans la région. Le plus récent rapport de l’Institut de la statistique du Québec met en relief que la Mauricie figure dans les pires régions en termes d’augmentation d’emplois de 2007 à 2017. Comment expliquer qu’une région aussi bien située géographiquement performe moins bien à ce chapitre que les régions de la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine, la Côte-Nord et l’Abitibi-Témiscamingue? La région voisine de la Mauricie, soit Lanaudière, selon ce rapport de l’Institut de la statistique du Québec, a accru le nombre d’emplois de 36 100 entre 2007 et 2017 alors que, pour la même période, la Mauricie a augmenté son nombre d’emplois de 2000. Il m’apparaît manifeste que les aspirants élus de notre région auraient intérêt à prôner la mise en place d’actions et infrastructures visant à établir une plus grande fluidité et synergie économiques dans le corridor trop peu exploité qu’est la Mauricie-Lanaudière-Montréal.

Les enjeux qu’ils doivent aborder en campagne électorale sont nombreux et diversifiés. Toutefois, je crois que les enjeux du développement économique et du décrochage scolaire sont névralgiques puisqu’ils influencent une grande partie des autres enjeux de la vie en société.

Je souhaite que les candidates et candidats nous parlent collaboration inter-municipalités du territoire, qu’ils nous parlent de la façon dont ils vont s’y prendre pour favoriser la discussion franche et la concertation performante des autorités municipales et des entrepreneurs de la région et qu’ils expliquent en quoi cette concertation va favoriser la complémentarité des infrastructures au lieu du dédoublement.

Je souhaite que ces candidats se prononcent sur les moyens qu’ils vont adopter pour continuer d’appuyer les initiatives du Sanctuaire Notre-Dame-Cap d’investir dans ses infrastructures afin notamment d’y attirer davantage de tourisme religieux. Le jeune recteur du sanctuaire, récemment nommé évêque auxiliaire, de par son leadership, sa proactivité, ses intentions saines pour le bien-être de la région, doit continuer d’être appuyé par les représentants de la population à l’Assemblée nationale du Québec, comme ce fut récemment le cas. Ce sanctuaire est un joyau pour notre belle région.

Je souhaite aussi que les aspirants députés démontrent concrètement leur intérêt pour l’intégrité et une gouvernance saine des institutions publiques et parapubliques du territoire de la Mauricie. Il s’agit là d’un enjeu à un moment de notre histoire collective où les scandales de corruption éclatent les uns après les autres.

La Mauricie a toujours progressé positivement lorsqu’elle était représentée par des gens possédant du leadership et qui savaient défendre les dossiers de la Mauricie avec fermeté et doigté. Nous avons tous les ressources et infrastructures pour nous hisser collectivement parmi les régions performantes économiquement. Nous avons une forêt vaste et dense, la rivière Saint-Maurice, le fleuve Saint-Laurent, un port, un aéroport, des maisons d’enseignement supérieur, un environnement accueillant pour le tourisme, des agriculteurs expérimentés et une situation géographique des plus enviables pour notre capitale régionale, soit Trois-Rivières, qui fait office en quelque sorte de locomotive de la région au niveau économique.

La Mauricie a déjà eu un passé plus glorieux économiquement qui s’explique beaucoup par le leadership fort de femmes et hommes qui ont fait preuve de vision, d’audace et qui ont su se faire la voix de la région à l’Assemblée nationale du Québec. Ces femmes et hommes ont fait le choix de ne jamais se taire quand les intérêts de la région étaient menacés. Elles et ils ont su faire passer les intérêts de la région avant leur carrière personnelle.

Bref, mon souhait est que la prochaine campagne électorale en Mauricie en soit une où le contenu prime sur le contenant.

Martin Gélinas

Trois-Rivières