La priorité à l’enfant

OPINIONS / Une enfant de sept ans meurt à Granby. Pour nous, Québécoises et Québécois qui avons suivi ce drame, qu’est-ce qui est le plus frustrant? L’inaction du gouvernement ou l’apathie des services de protection de la jeunesse ou de la DPJ?

La plupart des gens pointent l’apathie et l’incompétence de la DPJ. Dans ce dossier, on dirait que tout le monde se renvoie la balle. À partir des plaintes faites à la police au signalement à la DPJ; des échos venant de la Commission scolaire et de l’école que fréquentait cette enfant, chaque partie a-t-elle rempli sa part de responsabilité?

L’ex-juge Andrée Ruffo, qui a œuvré pendant 40 ans dans le domaine de la protection de la jeunesse, racontait sur les ondes d’une station de radio locale qu’il fallait tout recommencer le processus, revoir la Loi. Et ce n’est plus d’une Commission sur les droits de la personne mais d’une Commission sur les droits de l’enfant dont nous avons besoin. C’est une urgence nationale, a lancé madame Ruffo. Sinon, poursuivait-elle, ce triste événement passera aux oubliettes et dans deux ou trois ans, on passera à autre chose sans que ce cas évident d’enfant martyre soit élucidé.

Certains commentateurs mettent la faute sur le manque de ressources et sur l’austérité vécue dans le domaine de la santé et des services sociaux. Or, selon moi, le problème, c’est l’organisation même du système qui n’est plus gérable.

Pourquoi ne pas joindre des personnes de carrière, de l’envergure de la juge Ruffo et d’autres personnalités avec une expertise démontrée pour arriver à donner un meilleur avenir à nos enfants et éviter que ces derniers passent à travers les mailles du système?

André Gendron

Shawinigan