La politique et la barbarie

Il y a environ 2450 ans, l’autorité d’Athènes condamnait Socrate à se suicider pour avoir corrompu la jeunesse. Par chance, nous avons évolué et c’est très probablement à cause de ce Socrate, lequel nous a montré à douter de l’autorité.

Nous voici maintenant à l’orée d’un nouveau mandat de quatre ans pour nos élus municipaux. Devons-nous penser que nous n’avons plus rien à dire maintenant que cette période électorale est terminée? «Grand dieu que non», dirait Socrate; tout commence! 

La démocratie, ce n’est plus la barbarie d’antan, et nos élus seront polis et respectueux lors de notre participation aux séances publiques des conseils municipaux. C’est là que la démocratie, bien après la période électorale, doit se dire, se vivre et se faire. Ainsi se bâtissent nos cités, villes et villages.

Il ne faut pas craindre d’émettre ponctuellement notre opinion de citoyens critiques et engagés pour nous créer de saines cités, villes et villages; derrière le financement des municipalités et leurs infrastructures vitales, il y a des citoyens «utilisateurs-payeurs»! 

Osons voir régulièrement, occasionnellement ce que nos élus mandatés font de nos deniers, car c’est nous qui accordons le titre d’«Autorité en charge» à la bonne gestion de nos pécules durement gagnés. 

Rappelons-nous qu’à Trois-Rivières, par exemple, ce sont les citoyennes et les citoyens qui ont fait la laïcité des séances publiques du conseil municipal, qui ont gardé exempte de fluor l’eau potable et qui ont dirigé le conseil municipal vers l’adoption d’une résolution contre le projet insensé de l’oléoduc Énergie Est. 

Après les élections, c’est la démocratie qui se vit.

Plus que jamais maintenant la démocratie doit se faire au quotidien. 

Merci, Socrate, de nous avoir éveillés à notre responsabilité citoyenne.

Et félicitations aux élus, hommes et femmes, dans chacune des municipalités de la région.

François Champoux

Trois-Rivières