La péréquation

Monsieur Claude Béland, ex-PDG de Desjardins, a approuvé récemment «la clause Bombardier» de Québec solidaire. Cette clause peut se résumer ainsi: les émoluments des dirigeants ne doivent pas être supérieurs à trente fois le salaire de l’employé le moins bien rémunéré. Pour suivre la même logique, je propose une «clause péréquation». Les milliards de la péréquation servent surtout, si ce n’est exclusivement, à financer des emplois de grandes compagnies.

Ainsi, sous le gouvernement Charest, le Québec a subventionné General Electric, LA multinationale, pour 20 millions $! Le Québec a aussi contribué aux besoins d’expansion de: Bombardier, Pratt & Whitney, Héroux-Devtec, Bell Helicopter et quelques autres entreprises milliardiaires. Pour un projet commun de 150 millions $ de ces dernières compagnies, Québec a allongé 70 millions $! Québec, se fichant prolétairement des lois du commerce international, attribue à Bombardier-Alstom un contrat de 1,4 milliard $ qu’une entreprise espagnole aurait pu remplir à moitié prix! (Trains Azur).

Le gouvernement Couillard procède pareillement pour Ubisoft et encore Bombardier (Valcourt), par exemple: 38,4 % des salaires des employés de ces deux compagnies sont défrayés par Québec. La péréquation a pour but d’uniformiser la richesse [sic] dans tout le pays. Le Québec, étant la province la moins riche du Canada, reçoit environ 11 milliards de dollars chaque année. Quel est le but de ce transfert d’argent? Réduire la pauvreté. Cependant le seuil de la pauvreté reste le même, environ 18 000 $ par an. Je me demande comment les assistés sociaux peuvent survivre avec un revenu de pays pauvres: ils sont bien en dessous du seuil de pauvreté.

Je considère que la pauvreté est une tare pour un pays dit «riche». Je revendique une «clause péréquation». Qu’au moins que quelques milliards de la péréquation soient effectivement affectés au problème de la pauvreté. N’étant pas économiste, je ne peux pas définir comment cela devrait se faire: revenu minimum garanti, logements à rabais, amélioration des écoles des quartiers démunis… Nous pouvons en débattre et mettre à profit la matière grise des habitants du Québec.

Henry Noël

Shawinigan