La patrie avant la vie

En réaction à la lettre de Jean-François Veilleux intitulée «Les Patriotes de 1837-38: héros de notre histoire», publiée dans notre édition du 26 mai dernier.

J’ai lu avec grand intérêt les commentaires de monsieur Jean-François Veilleux publiés dans Le Nouvelliste du 26 mai dernier.

Ce monsieur est certainement un historien très compétent mais l’insulte, sans conséquence d’ailleurs, n’est sûrement pas son meilleur argument.

J’aurais apprécié que ce virtuose de l’histoire et administrateur de la SSJB explique pourquoi la déclaration d’indépendance de l’anglophone Robert Nelson a toujours été dissimulée et pourquoi le rôle exceptionnel de ce dernier pour la cause des Patriotes a été presque ignoré.

Je suis un retraité sans compé- tence particulière en histoire et surtout parfaitement étranger à la SSJB. Mais j’ai lu quelques ouvrages d’historiens et la version de leur auteur ne coïncide pas nécessairement avec celle de monsieur Veilleux, ce qui est normal me semble-t-il lorsqu’il s’agit d’interpréter des faits lointains.

Ainsi, certains qualifient de «suspect» l’exil de Papineau. D’autres, dont Jacques Lacoursière, affirment que 12 patriotes francophones ont été pendus alors qu’au moins 20 anglophones ont subi le même sort, selon lui et non selon moi…

Mais trêve de détails oiseux, nous ne sommes plus au 19e siècle et je crois sincèrement qu’il est inutile de se vautrer près des marécages gluants des nationalismes dépassés, qu’ils soient à connotation religieuse comme en Iran ou laïques comme en Corée du Nord, en Russie, aux USA ou simplement enrobés de mythes comme au Québec.

Si nous voulons survivre non pas en tant que peuple mais comme citoyens de la Terre, il nous faudra tôt ou tard abandonner ces nationalismes destructeurs afin de développer au plus vite une véritable conscience planétaire sans laquelle nous n’aurons pas d’avenir. Le nationalisme empêche l’émergence de cette conscience planétaire dont nous avons tant besoin. Ce sera la patrie ou la vie.

Serge Gagnon

Louiseville