La normalité est une crise

OPINIONS / Depuis quelque temps, nous entendons parler régulièrement d’un prochain «retour à la normale». S’il peut être compréhensible de souhaiter rapidement une sortie de crise, il faut avant tout se poser la question suivante: comment c’était avant la pandémie quand tout était «normal»? La «normale» c’est...

- un capitalisme sauvage et des inégalités socioéconomiques galopantes;

- l’individualisme et la surconsommation nourrie par la publicité;

- la surexploitation et l’épuisement des ressources naturelles;

- l’agriculture intensive mondialisée, grande responsable de la déforestation et de la perte de la biodiversité;

- la pollution de l’air, de l’eau et des sols sans parler des changements climatiques.

Il est temps de regarder la réalité en face: la normalité est une crise. Retourner «à la normale» c’est passer d’une crise à une autre. Plus que jamais, nous devrions profiter de cette occasion unique de réduction momentanée des gaz à effet de serre (GES) pour changer de modèle de société. S’il nous faut une relance économique post-pandémie, il faut qu’elle soit une relance écologique et sociale. Cela implique que nous pourrions...

- prendre davantage soin de nos aînés en rendant les soins de maintien à domicile plus accessibles;

- favoriser la conciliation travail-famille pour passer plus de temps avec nos proches;

- développer l’agriculture urbaine pour contribuer à la souveraineté alimentaire;

- encourager l’achat local pour soutenir les petits et moyens commerçants d’ici;

- rejeter les énergies fossiles (pétrole, gaz) pour développer les énergies renouvelables;

- électrifier les transports et investir dans des réseaux locaux et efficaces de transport en commun pour l’ensemble du Québec.

Il n’en tient qu’à nous citoyens et citoyennes de mettre la pression sur nos gouvernements pour que la relance soit autre chose qu’un simple «retour à la normale». Pourquoi pas une deuxième Révolution tranquille?

Emanuel Protz

Trois-Rivières