La montagne de Mont-Carmel est menacée!

L’auteur, Marcel Gagnon, est un ancien député dans Saint-Maurice–Champlain à la Chambre des communes. Il est également un résident de Notre-Dame-du-Mont-Carmel.

Aujourd’hui, les protecteurs de l’environnement considèrent les écosystèmes de montagne comme des centres de diversité biologique fondamentaux pour toute la planète. La diversité des espèces naturelles de montagne est, pour l’humanité, une source précieuse «de produits sauvages» comme le gibier, les oiseaux, les champignons et bien d’autres produits forestiers non ligneux. Mais les montagnes sont aussi des lieux importants pour la diversité de plantes cultivées.

La montagne de Mont-Carmel, comme les autres, a joué – et joue toujours – un rôle régulateur des écosystèmes et elle a permis, pendant des dizaines d’années, à des milliers de citoyens de pratiquer leurs sports d’hiver favoris.

Laissée de côté pendant plusieurs années, la montagne revit aujourd’hui grâce au travail acharné d’une poignée de bénévoles. En effet, un champ de tir homologué y a été construit afin de servir à d’éventuelles compétitions internationales de biathlon. Des amateurs de ski de montagne (sans remonte-pente), des randonneurs, des skieurs de fond, des cavaliers bénéficient des avantages que leur offre la montagne. Et c’est sans compter les milliers d’étudiants qui ont été initiés depuis cinq ans aux saines habitudes de vie et au respect de l’environnement et les centaines de cadets sont venus chaque année pour participer à des camps de survie et à des entraînements de biathlon.

Redorer le blason de ce fleuron régional est depuis longtemps dans la mire de la présidente de Biathlon Mauricie, Mme Sylvie Pronovost. Pendant la rénovation de ce grandiose site et à la suite de la création d’un OBNL, Mme Pronovost en a vu de toutes les couleurs. Elle a surmonté des dizaines et dizaines d’embûches de tout ordre qui aurait tôt fait de décourager le plus déterminé des optimistes: problèmes environnementaux, légaux, financiers, politiques, physiques, psychologiques (vandalisme, intimidation, menaces), etc.

Et alors qu’elle croyait enfin la tempête dissipée, voilà qu’une compagnie dont les actionnaires principaux sont au Texas et en Pennsylvanie menace d’amputer la montagne et d’en faire un cratère à ciel ouvert.

Un article de Mme Brigitte Trahan récemment publié dans Le Nouvelliste du 15 août 2018 a suscité beaucoup de questionnements de la part de la population. La lettre d’aujourd’hui vise à clarifier la situation et à démontrer que certaines personnes désireuses de modifier la vocation de la montagne font preuve de malhonnêteté en laissant croire à la population que l’inquiétude manifestée par les bénévoles de Biathlon Mauricie est sans fondement.

Vous trouverez donc ci-dessous nos commentaires relativement aux réponses données par le responsable de Ciment Québec afin de laisser à la population le soin de déterminer si quelqu’un tente de manipuler la vérité afin de mieux faire passer une situation qui, si nous la laissons aller, deviendra irréversible.

Il y a bel et bien un certificat d’autorisation d’exploitation de sablière émis par le Ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MDDELCC) les autorisant depuis 2015 à exploiter le lot piqueté. Et pour répondre à M. Papillon – qu’il n’y a rien d’autre en arrière de ça – de multiples demandes à la CPTAQ ont été faites pour aliéner un lot d’érablière, soit disant en le vendant à un acériculteur. Ledit acériculteur est la compagnie 9197-0228 inc. dont il est lui-même le propriétaire.

Ne nous laissons pas abattre, cette montagne doit résister à la tempête. Donnons-nous la main et sauvons cette montagne!