Sonia Lebel

La Mauricie a besoin d’une Sonia LeBel

Dans son éditorial du 5 avril dernier, Martin Francoeur dépeint notre région comme un important champ de bataille de l’élection provinciale du 1er octobre prochain. Il avance que la Coalition Avenir Québec de François Legault espère faire des gains importants ici et qu’elle risque de nous présenter des candidatures de prestige.

Parmi les noms souvent évoqués, il y a celui de Me Sonia LeBel, qui s’est fait connaître comme procureure en chef de la Commission Charbonneau. Celle qui a livré quotidiennement une bataille féroce contre les stratagèmes de corruption et de collusion dévoilés dans les dernières années pourrait en effet devenir une politicienne de premier plan au Québec.

Or, alors qu’on nous indique que Mme LeBel est en réflexion actuellement au sujet de la région où elle pourrait se présenter candidate aux élections, certaines personnes ont avancé que le fait qu’elle ne provienne pas dans la région la disqualifie pour une candidature chez nous. Je considère que ces affirmations témoignent d’une mentalité de clochers. Les exemples de villes qui ont accueilli à bras ouverts un politicien provenant d’une autre région sont pourtant nombreux.

L’exemple le plus frappant est probablement celui de Sébastien Proulx, un gars de chez nous, qui s’est fait élire à Québec et est devenu ministre responsable de la Capitale-Nationale. Le premier ministre du Québec lui-même, Philippe Couillard, a été député dans trois régions différentes, soit Montréal, Québec et le Saguenay–Lac-Saint-Jean. On pourrait aussi parler de Martin Coiteux, ministre responsable de la ville de Montréal, mais qui est originaire de Sorel-Tracy. Ces personnes servent bien les intérêts de leurs régions d’accueil. Et je n’ai vu personne dans ces régions les critiquer parce qu’ils ne sont pas originaires de la place. Pourquoi est-ce que ce serait différent chez nous, en Mauricie?

Comme le souligne à juste titre Martin Francoeur, des candidatures comme celles de Sonia LeBel pourraient donner à la Mauricie un poids politique important dans un éventuel gouvernement Legault. Sous le gouvernement libéral, la région a pu bénéficier d’avoir une politicienne locale comme Julie Boulet dans le conseil des ministres. Si les sondages se concrétisent, le Québec pourrait être dirigé par un gouvernement caquiste dans les prochaines années. Il est évident que dans une telle éventualité, Sonia LeBel jouerait un rôle de premier plan au conseil des ministres avec un poste clé. Si cette dernière décidait de se présenter en Mauricie, comme les rumeurs le veulent, j’espère que nous saurons démontrer à tout le Québec que notre région aussi sait accueillir les gens de qualité à bras ouverts.

Sylvie Milette

Trois-Rivières