Le projet de marina de Shawinigan

La marina du maire Angers

Le 19 septembre 2017, le conseil de ville de Shawinigan adoptait à l’unanimité (faut-il s’en surprendre), un projet d’emprunt de 14 217 000 $ pour l’aménagement d’une marina sur la rivière Saint-Maurice, et ce, sans connaître le plan de financement détaillé ni les résultats d’une étude de marché si tant est qu’une telle étude existe. Ça n’a pas de bon sens.

Le 30 août, le maire mentionnait qu’il négociait avec un partenaire privé et le 12 septembre, il parlait d’un organisme sans but lucratif (OSBL). C’est la façon typique Angers d’embrouiller sciemment la soi-disant «transparence de sa gestion», en étalant dans le temps des informations contradictoires. Il suffit de rappeler les dossiers impliquant la Société de développement de Shawinigan avec les entreprises Shalwin de la famille Champagne et Peintures Laurentide de la famille Buisson: deux dossiers douteux et nébuleux à outrance qui ont été critiqués à l’époque pour avoir été rendus publics dans la confusion la plus totale.

Revenons à la marina. Le reportage de Guy Veillette dans Le Nouvelliste du 20 septembre citait le maire: «Ça peut être la SDS (OSBL), ça peut être des partenaires privés… Je suis prudent…». Et le journaliste de conclure que «le montage financier ne doit pas donner l’impression que Québec et Ottawa financent grassement un partenaire privé pour l’exploitation d’une marina». On a mis le doigt sur le «bobo». Ne pas donner l’impression. Cela s’appelle de la désinformation. Une façon de faire bien connue du maire qui l’applique en toutes lettres en défendant bec et ongles le montage financier de Gestion Cataractes qui s’en met plein les poches, alors que son petit frère OSBL, Club de hockey Shawinigan, accumule, en se bidonnant, les subventions annuelles et autres générosités de la Ville qui coûtent une fortune aux citoyens.

Et le maire d’en rajouter une couche: «On va trouver une formule pour s’assurer que ça se paye tout seul… Ce que je ne veux pas, c’est que ça soit nous qui payons». Nous prend-il pour des imbéciles? En connaissez-vous beaucoup de marinas «publiques» qui se payent toutes seules? Et il se pose la question, comme s’il n’avait pas déjà la réponse: «Est-ce que la SDS peut prendre la marina et confier ça à un gestionnaire privé?». Nous y voilà, la méthode Angers: la Ville qui se cache derrière un OSBL pour faire par la porte arrière ce qu’elle ne peut pas faire par la porte avant.

La SDS, donc la Ville, prendra alors tous les risques financiers. Et si le projet qu’elle finance à 100 % s’avère non rentable, elle devra assumer la perte totale. En même temps, le privé qui n’investit rien s’en mettra plein les poches si le projet est rentable. 

Dans tous les cas de figure, les subventions de Québec et Ottawa de 9,2 millions $ auront servi exclusivement au privé alors qu’elles étaient destinées à servir les intérêts des citoyens de Shawinigan, parmi lesquels seuls les plus riches (bateaux de 20 à 35 pieds) pourront bénéficier des services de la marina, si elle voit le jour.

Je dis aux citoyens de Shawinigan: soyez alertes, sinon vous risquez de vous réveiller avec la gueule de bois. 

Je cite l’UPAC dans son mémoire à la commission Charbonneau: «Les OSBL sont un outil intéressant qui, sous contrôle d’individus mal intentionnés, peut permettre la dilapidation des biens publics par la fraude et l’évasion fiscale».

Michel Blanchet

Trois-Rivières