Simon Jolin-Barrette

La langue française: une priorité pour notre gouvernement

OPINIONS / Monsieur François Legault vient de remanier son cabinet. Il nomme monsieur Simon Jolin-Barrette au dossier de la langue française. Ce faisant, madame Nathalie Roy se voit rétrogradée. Il semblerait que cela allait de soi, que ce dossier est en relation directe avec l’immigration, donc, que cette tâche était complémentaire aux dossiers déjà traités par monsieur Jolin-Barrette.

Je ne me lancerai pas dans une opinion sur l’aspect politique de ce geste. Je ne connais pas assez bien les arcanes des politiciens, je risquerais de me tromper. Je comprends que les nouveaux arrivants se doivent d’apprendre notre langue s’ils veulent vraiment s’intégrer à notre culture, mais il ne faudrait pas oublier que la langue française doit, en priorité, être bien parlée par les Québécois eux-mêmes, puisqu’il s’agit là d’une facette de notre identité.

Ce n’est pas toujours le cas et je m’en désole. J’ai des frissons lorsque j’entends des personnalités éminentes employer des termes anglais lors d’une entrevue. Elles ont beau lever leurs deux mains, replier le pouce, l’annulaire et l’auriculaire, lever l’index et le majeur en signe de guillemets pour encadrer des expressions anglaises à la mode, à mon avis, ce ne sera jamais assez élégant pour se faire pardonner ce laisser-aller.

Notre langue française est belle, riche, toute en nuances et ce serait facile pour ces personnes d’employer une définition exacte qui traduirait leur pensée. Il y a tellement de synonymes à un adjectif, qu’elles ont le choix d’utiliser le mot qui rendrait à leur propos la clarté qu’elles souhaitent y apporter.

D’autres catégories de gens auraient avantage à porter attention à leur langage. Les enseignants, les animateurs des médias: radio, télé, journaux, etc. Je ne les accuse pas de méconnaissance du français, mais je pense plutôt qu’il s’agit là d’une forme de laisser-aller pour faire «peuple». Peut-être en agissant ainsi se sentent-ils plus facilement acceptés de leurs subalternes?

Je me répète, notre langue est si somptueuse, magnifique, splendide, que nous devrions tous la respecter en y apportant notre plus grande attention.

Réjeanne Matton

Shawinigan