La laïcité, les compromis et l’inévitable débat

OPINION / Après treize ans de tolérance à outrance et de tergiversations de toutes sortes, un premier ministre, dans un geste courageux, mais fort de l’appui de 70 % de la population sur le sujet et pour remplir une promesse qui l’a fait élire, décide que le party a assez duré. Chapeau monsieur Legault! Je me réjouis que le premier ministre décide enfin de bouger.

J’aurais aimé que sa loi sur la laicité ait un peu plus de mordant, mais j’ose espérer qu’il ne cédera pas au chantage de Québec solidaire, maintenant apôtres du multiculturalisme de Justin Trudeau et des libéraux et la mairesse de Montréal. J’applaudis qu’il désire se prévaloir de la clause dérogatoire pour affirmer que le Québec, un État souverain, a le droit d’établir ses propres lois et de les faire respecter.

Maxime Laporte, président général de la SSJB de Montréal, saluait le 28 mars 2019 l’adoption unanime par l’Assemblée nationale de la Résolution en appui à la Loi 99, sur l’exercice des droits fondamentaux du peuple québécois présenté par le chef du troisième groupe d’opposition. «Un tel geste de solidarité nationale de nos élus témoigne de ce que le Québec ne se laissera plus intimider par les manœuvres antidémocratiques du Canada», ajoute-t-il. Le moment est venu de passer le test.

Il faut s’attendre à se faire traiter de racistes encore une fois par les anglos d’ici et du reste du Canada... et les déclarations de haine au français vont déferler... Mais nous sommes habitués.

Ce qui est proposé est selon moi un minimum. Le PQ désirait avant lui faire adopter une telle loi, mais sa proposition de Charte des valeurs lui a coûté le pouvoir. Ironiquement, aujourd’hui il se doit de soutenir la CAQ de qui il avait refusé la main tendue pour un compromis.

Il est malheureux cependant que monsieur Legault ait brisé une promesse comme «compromis», au détriment du désir d’une majorité de citoyens, pour sortir le crucifix du Salon bleu. On sacrifie à nouveau une partie de notre patrimoine nous rappelant nos origines et notre culture. Mais il faillait sacrifier quelque chose et c’est un autre accommodement à la minorité qui fait un autre petit gain. Je suivrai avec grand intérêt ce débat qui sera à n’en pas douter assez acrimonieux par moments.

Les libéraux et QS parlent déjà de défendre le droit des minorités qui sont tellement misérables au Québec et on doit se poser de multiples questions. Qu’adviendra-t-il du cours d’éthique et culture religieuse ou d’endoctrinement de nos jeunes? Tout devra se faire à visage découvert, mais est-ce que la burqa, vêtement principal d’asservissement des femmes musulmanes et porté dans les CPE, là où tout commence, sera encore tolérée? Pourquoi faire une exception pour les écoles privées? Il était temps également aussi qu’on mette un terme aux écoles illégales religieuses, qu’on acceptait un peu comme un droit acquis, qui n’aurait jamais dû être toléré par les précédents gouvernements.

Pour moi, j’ai de la difficulté avec «l’autre compromis» que je vois comme un geste de mollesse et un autre droit acquis aux personnes qui portent déjà un signe religieux. Je termine avec cette citation de Richard Martineau: «Armez-vous de patience, chers amis. La guerre sainte des apôtres du multiculturalisme ne fait que commencer.» Le temps est venu de se tenir debout!

Gaston Bouffard

Shawinigan