La fierté d’être député

L’auteure, Noëlla Champagne, a été députée de Champlain à l’Assemblée nationale de 2003 à 2007 et de 2008 à 2014.

La campagne électorale bat son plein et des centaines de candidats et candidates aux élections se démènent à travers le Québec en faisant valoir chacun et chacune les positions de leur parti respectif!

Je me demande comment ces candidats et candidates reçoivent le peu d’attention qu’on leur accorde? Comment se sentent-ils ou se sentent-elles quand on les évalue déjà sans même connaître leur compétence!

On a déjà établi comme une règle immuable que si tu n’es pas «ministrable», tu n’es qu’un ou qu’une «simple député(e)». Bref, tu n’es rien!

Affirmer une telle chose, c’est ne rien connaître au rôle de député! C’est dire n’importe quoi pour se montrer intéressant! Et après on se demande pourquoi on a de la difficulté à trouver des personnes intéressées et intéressantes pour occuper cette fonction.

Quand j’étais invitée, il y a quelques années, à rencontrer les étudiants dans les écoles afin de discuter de l’importance de la démocratie, j’apportais avec moi une petite brochure, toute simple, qui décrivait très bien les fonctions d’un député.

Ça se résume en trois phrases: le député est d’abord et avant tout représentant de ses électeurs, le député vote les lois, il est donc législateur et enfin le député est le gardien de ces lois. C’est simple et précis. Il n’y a pas de description pour «un simple député», ça n’existe pas!

Je peux affirmer, après dix années de vie parlementaire, que le premier et le plus beau rôle d’un député c’est de représenter et défendre avant tout les intérêts de ses électeurs à l’Assemblée nationale. Et cela peut se faire sans se crêper le chignon!

Oui, le parti au pouvoir a besoin de nommer des ministres qui occuperont des fonctions importantes à la tête des divers ministères. Mais sans les «députés», il n’y a pas de lois votées, il n’y a pas de travaux parlementaires, en fait le Parlement n’existe pas.

Un député se doit de connaître les grands enjeux de sa circonscription et de sa région s’il veut bien les défendre à Québec.

Un député, ce n’est pas une plante verte que l’on déplace trois jours par semaine à Québec, c’est une personne qui veille au mieux-être des citoyens et citoyennes qu’elle représente. Il faut connaître son monde!

Alors, prenons garde à ne pas minimiser ou ridiculiser le rôle joué par ces personnes qui ont le courage de relever ce défi pendant quatre ans.

Et surtout, commençons très tôt avec nos jeunes gars et nos jeunes filles à leur expliquer intelligemment l’importance des élus qu’ils soient municipaux, scolaires, provinciaux ou fédéraux! Quand il n’y a plus de démocratie, il y a de l’anarchie!

Le mois de septembre aurait dû servir cette année à un réel exercice de démocratie avec nos étudiants des cégeps, des universités et des écoles professionnelles, là où le droit de vote est permis!

On aurait dû ouvrir les portes de ces institutions aux candidats afin qu’ils aient accès à cette belle jeunesse et qu’elle puisse discuter librement avec ses futurs élus. Malheureusement, l’intérêt n’y est pas.

Les urnes vont apparaître dans les corridors et l’indifférence sera au rendez-vous!

On va finir par apprendre que l’école, c’est fait aussi pour apprendre à être un bon citoyen!