La couleur du cœur avant la couleur de la peau …

POINT DE VUE / Depuis quelques jours, nous sommes confrontés à une prise de conscience collective et individuelle face au racisme. Le mouvement Black Lives Matter ne doit pas être une autre nouvelle que l’on balaiera du revers de la main lorsqu’une autre nouvelle, à la saveur du jour, voudra prendre le relais.

C’est en lisant un texte de Rodhain Kasuba publié le 10 juin que j’ai décidé de vous partager ce commentaire et plus particulièrement à cause de la citation suivante de Dietrich Bonhoeffer: «Le silence face au mal est en soi le mal. […] Ne pas parler, c’est parler. Ne pas agir, c’est agir.» M. Kasuba conclut en disant: «Parler et agir, c’est s’ouvrir à la différence sans renier pour autant ce que nous sommes et ce à quoi nous croyons.»

Mais de quoi parle-t-on précisément? Selon la définition du Larousse 2020, le racisme est «une idéologie fondée sur la croyance qu’il existe une hiérarchie entre les groupes humains, une «attitude d’hostilité à l’égard d’une catégorie déterminée de personnes». Autrement dit, fait preuve de racisme toute personne qui croit fondamentalement que certaines personnes sont plus importantes, plus méritantes et plus dignes que les autres.

Alors que nous sommes émerveillés devant la variété des essences d’arbres dont les variantes de vert nous éblouissent présentement, devant la beauté irrésistible des couleurs d’un arc-en-ciel alors que la pluie tombe par une journée ensoleillée; comment se fait-il que nous ne sommes pas émerveillés par la diversité de la couleur de la peau des êtres humains qui peuplent notre maison commune, cette bonne vieille terre?

Et si la couleur du cœur était plus importante que la couleur de la peau…

Peut-être suis-je privilégié de travailler à l’Université du Québec à Trois-Rivières? Au fil des ans, j’y ai côtoyé des collègues et des étudiants par milliers de toute race, couleur, orientation sexuelle, etc… J’y ai découvert des êtres humains exceptionnels, passionnés, attentionnés, dévoués qui m’ont nourri de leur différence, de leur sensibilité, de leur façon de voir le monde; et ce pour une seule raison: parce qu’il m’a fallu aller au-delà des apparences pour m’attacher à ce qui constitue leur essence profonde, ce qu’ils ont dans le cœur et ce qui transpire de leurs valeurs.

Est-ce que l’UQTR est parfaite en matière d’équité, de diversité et d’inclusion (ÉDI)? Bien sûr que non. Est-ce qu’il y a encore des personnes qui posent des actes discriminants, racistes? Assurément. Est-ce que l’équité, la diversité et l’inclusion est importante pour la communauté universitaire? Plus que jamais. Non seulement nous avons créé un Comité ÉDI et adopté un Plan d’action en matière d’ÉDI, mais au cours des derniers mois, nous avons mené des consultations et tenus des forums en vue de la rédaction de nos orientations stratégiques 2020-2025. Concrètement, parmi les objectifs qui seront adoptés par notre conseil d’administration figure celui de promouvoir un milieu de vie sain, diversifié et inclusif. Cet objectif a obtenu un des plus larges consensus auprès de toutes les catégories de personnes consultées au sein de la communauté universitaire, à savoir auprès des étudiants, des professeurs, des chargés de cours, du personnel professionnel, du personnel de soutien, du personnel administratif et de service ainsi que des cadres.

Plus que jamais, nous aurons un devoir de résultats, car des cibles seront établies et un suivi sera effectué par le conseil d’administration.

Entretemps, par la présente, je veux témoigner que l’UQTR est solidaire de toute personne dont la dignité humaine est bafouée par une attitude raciste ou autrement. Toute personne qui fréquente nos campus, comme étudiants, membres du personnel, chargés de cours ou utilisateurs, a le droit d’y retrouver un environnement exempt de toute forme de discrimination ou de harcèlement, un milieu de vie sain, diversifié et inclusif où elle se sent bien parce que respectée dans sa dignité humaine.

Comme le disait Antoine de Padoue au début du 12e siècle, «que les paroles se taisent, que les actions parlent»; ou si vous préférez en bon québécois d’aujourd’hui «que les bottines suivent les babines» !

Et si la couleur du cœur était plus importante que la couleur de la peau…