La connaissance des émotions

OPINION / En réaction à la lettre d’Hélène Arseneault intitulée «Existe-t-il quelqu’un... quelque chose?», publiée dans notre édition du 18 décembre 2019.

Dans sa lettre du 18 décembre 2019, Hélène Arseneault lance un cri du coeur: «Le monde autour et alentour ne va pas bien, psychologiquement, intérieurement. Existe-t-il quelqu’un ou quelque chose dans l’être humain d’aujourd’hui, un point d’ancrage vers lequel il pourrait se tourner avant que la détresse ne l’achève?» Eh bien oui, il y a un point d’ancrage et ce point, c’est la connaissance de la façon dont fonctionne l’être humain.

«Les humains sont régis par les émotions qu’ils éprouvent et par les circonstances aléatoires de leur existence. De tous les principes dont la compréhension permet de vivre une vie relativement heureuse pendant le bref instant qu’elle existe, celui-ci semble peut-être le plus fondamental.» (Le temps d’apprendre à vivre, Lucien Auger).

En effet, peut-on être heureux sous l’emprise d’une ou de plusieurs de ces émotions: anxiété, hostilité, culpabilité, dépression, tristesse, colère, timidité, jalousie, etc. Il faut comprendre, réaliser que ce ne sont pas les évènements de notre vie, que ce ne sont pas les actions des autres qui créent nos émotions: ce sont les interprétations que nous faisons de ces évènements, de ces actions, qui causent nos émotions, bonnes ou mauvaises!

Un simple exemple: la mort de Ben Laden. Colère chez ses sbires, joie chez ses ennemis. Même évènement, interprétations différentes, émotions différentes! Le Pape a montré une petite colère, dernièrement, à la suite d’une descente dans la foule, quand une femme lui a saisi une main et l’a tiré vers elle, le faisant quelque peu trébucher: «Ah! la maudite, j’aurais pu me ramasser à terre», a-t-il possiblement pensé, déclenchant du même coup une colère! D’un autre côté, s’il avait interprété le geste de la femme en se disant: «elle doit m’aimer beaucoup pour me faire ça», il aurait été joyeux et débonnaire. Le Pape s’est excusé par la suite.

La rage au volant est du même acabit: on a l’idée que l’autre aurait pu causer un accident par sa conduite, qu’il nous a fait peur, que c’est un imbécile et... on va lui montrer qu’on ne tolère pas ce qu’il a fait. Colère! Dans ce cas, c’est un manque de contrôle de ses émotions qui peut tourner très mal!

Il suffit que surgissent en nous les pensées requises à propos de n’importe quoi pour que nous ressentions immédiatement l’émotion correspondante. Sauf pour la timidité, un type auquel sa conjointe montre la porte ou lui dit qu’elle va le quitter, avec les enfants, passe certainement à travers la majorité des émotions mentionnées ci-haut, et si elles ne sont pas contrôlées par le type en question, la suite fera la manchette des journaux!

Maurice Milot

Trois-Rivières