La bombe à retardement des migrants illégaux

La bombe à retardement des migrants illégaux
Depuis l’élection du président Trump, le Canada vit des problèmes avec son voisin du sud. Un d’entre eux a trait à sa politique anti-immigration qui a pour conséquence de submerger notre territoire de migrants irréguliers qui suscitent beaucoup d’anxiété dans la population québécoise.

En effet, le décret anti-immigration de Trump stipule que les 11,7 millions d’immigrants sans-papiers aux États-Unis sont de faux réfugiés et que s’ils ne partent pas d’eux-mêmes, ils seront détenus et finalement expulsés. Aussi plusieurs ont-ils trouvé dans le Canada, une porte de sortie. Et voilà une horde humaine qui s’amène à nos frontières pour réclamer le statut de réfugié. En 2017, le nombre approchait les 20 600 demandeurs d’asile. Et tout indique que leur nombre va continuer à augmenter très rapidement. Ainsi donc la politique anti-immigration de Trump constitue une bombe à retardement pour le Canada certes, mais surtout pour le Québec puisque près de 95 % de ces immigrants illégaux pénètrent par le Québec.

Ce flux s’explique par l’existence d’une Convention (1951) relative au statut des réfugiés. Cette convention prévoit que les États signataires n’appliqueront aucune sanction pénale aux demandeurs d’asile qui entrent irrégulièrement sur leur territoire. C’est pour cette raison que les demandeurs d’asile en provenance des États-Unis contournent les points d’entrée officiels et s’infiltrent sur le territoire canadien par des passages non officiels. Une fois l’asile revendiqué, ces derniers doivent être transportés et hébergés dans l’attente du traitement de leur demande.

Qui sont ces demandeurs d’asile? La plupart sont originaires des États latino-américains ou encore ils proviennent des pays les plus pauvres de la planète comme la Somalie, l’Érythrée, l’Éthiopie…, mais ont les moyens d’obtenir un visa et un aller en avion. Ils transitent comme touristes par les États-Unis et de là traversent notre frontière. Ils veulent obtenir l’asile dans un pays sécuritaire et riche alors que souvent ils ne maîtrisent pas les techniques de pointe dont le Québec a un besoin criant. Comme ces gens savent que leur demande sera possiblement refusée, il y a fort à parier que plusieurs se réfugieront dans la clandestinité. Ils vont s’évanouir dans la nature grossissant les dizaines de milliers de sans-papiers qui travaillent au noir dans les grandes villes. La Gendarmerie royale du Canada évalue à près de 400 000 les sans-papiers au Canada. Beaucoup d’employeurs vont les embaucher parce que cette main-d’œuvre bon marché et vulnérable leur permet de rester compétitifs.

Que faire pour stopper ce flot d’immigrants illégaux? Il y a là un dilemme de conscience. Les bonnes âmes trouvent qu’on doit ouvrir nos portes comme nos cœurs. N’oublions pas cependant que nous avons déjà posé un geste humanitaire, il y a deux ans, en accueillant quelque 30 000 Syriens; toutefois eux avaient passé des entrevues dans leur lieu d’origine et ils s’étaient qualifiés! Bien sûr, dans un esprit de solidarité, on pourrait faire notre part encore une fois et accueillir un certain quota. Mais… nous ne sommes pas la conscience des États-Unis et nous ne pouvons certainement pas payer pour tous les rejetés de l’«Oncle Sam» qui, parce que forcés, optent pour s’établir chez nous à cause de la politique anti-immigration de Trump.

Pour résoudre ce litige quant à tous ces gens qui frappent à nos portes, le Canada peut et doit exiger que l’Entente, signée en décembre 2002 qui porte sur le rôle des tiers pays sûrs, soit effective. Cet accord interdit donc à toute personne se trouvant déjà aux É.-U. de revendiquer l’asile au Canada. Est-ce que Trump peut s’en laver les mains sans coup férir? Les États-Unis sont partie prenante de ce problème. Bien appliquée, L’Entente aura pour effet de mettre fin à cette vague de migrants irréguliers, et ce faisant, les Américains devront faire face à leurs responsabilités.

Il faut que cesse la venue de ces supposés touristes qui entrent aux États-Unis avec un visa et qui affluent ensuite à nos frontières de façon illégale. Les demandeurs d’asile et les immigrants qui suivent la filière légale sont et seront encore bienvenus sur le sol canadien parce qu’ils respectent nos lois régissant l’immigration et les quotas votés par le gouvernement.

Roger Greiss

Shawinigan