Jusqu’où peut aller un manque de vision globale?

La légalisation de la marijuana approche à grands pas. Avec tout le respect que je dois à notre premier ministre du Canada, je ne peux résister au questionnement profond qui m’envahit, dans ce contexte de la légalisation de la marijuana, qui sera effective dès le 17 octobre.

Mon questionnement découle d’un fait malheureux déjà survenu dernièrement avec ce produit. Vous avez entendu l’histoire de ce jeune enfant qui a dû être hospitalisé après avoir mangé des bonbons au «pot». Sa vie a été en danger. Heureusement, il semble sauvé, mais qui peut assurer que son cerveau n’aura pas été touché?

En dehors d’une raison thérapeutique, fumer de la mari sera désormais chose courante de la vie. On va bientôt nous suggérer des recettes au «pot» comme des recettes aux pommes dans nos épiceries. Dans bien des frigidaires se cacheront des petites collations à la marijuana, accessibles aux enfants. On ne peut quand même pas cadenasser les frigos! Comment allons-nous pouvoir protéger nos petits qui vont se servir à notre insu dans les préparations au cannabis? Comment pourrons-nous savoir qui conduit face à nous, après en avoir consommé sur son heure de dîner? Qui pourra contrôler les boîtes à lunch des travailleurs? Autant de questions sans réponses et inquiétantes.

On nous assure qu’il n’y aura pas plus de consommateurs de marijuana qu’avant la légalisation, mais c’est irréaliste. Car avec la diversité des produits et leur accessibilité, même sur le web, avec livraison à domicile, il sera plus facile d’en consommer pour tout un chacun sans problème. Comment nos décideurs politiques arriveront-ils à établir les balises nécessaires à la protection de leurs citoyens? Comment allons-nous éviter le danger d’intoxication par surdosage dans les recettes maisons? On envoie un bien drôle de message à tous les organismes qui donnent leur 100 % dans la sensibilisation antidrogue chez les jeunes. Cette loi tasse du revers de la main leur crédibilité. Sous prétexte de contrer le marché noir par la légalisation, finalement, il en résultera une banalisation de la consommation du cannabis.

Qu’on appelle ce produit marijuana, cannabis ou simplement du «pot», il n’en reste pas moins que c’est une drogue nocive pour la santé et pour la société. Nos politiciens sont élus pour nous représenter et par conséquent ils devraient, pour des décisions aussi importantes, procéder par consultation aux électeurs plutôt que de nous imposer une loi qui vient démolir nos valeurs éducatives. L’inconscience des conséquences de cette légalisation par notre premier ministre lui–même dépasse l’entendement et son manque de vision globale me laisse sans mot.

Ghislaine Noël

Trois-Rivières