Selon l’auteur, nous sommes tous des boules dans le sapin. Fragiles et cassables.
Selon l’auteur, nous sommes tous des boules dans le sapin. Fragiles et cassables.

Joyeux Noël, les boules!

OPINIONS / Dans cette période de l’année, je revis une fascination pour les boules de Noël. C’est peut-être celles en verre soufflé que j’ai vues dans La Presse Plus de samedi dernier qui provoquent tout ça. Magnifiques, les cloches!

Les pupilles me sont restées accrochées dans le talent artistique de la souffleuse de verre. Bon. Je parle des vraies boules. Je ne juge pas les boules en similiverre de plastique bâtard qui ornent la plupart de nos sapins.

Parlons-nous des vraies boules en verre. Celles avec du brillant dessus. Les boules trouées avec des filaments multicolores. Les boules avec la grosse goutte de paillettes en-dessous. Les boules en forme de cloche. Et la seule grosse rayée qui a résisté au temps dans sa vieille boîte en carton de six compartiments.

Les boules! Celle-là avec un père Noël peint à la main. Et l’autre, la plus bombée. Étincelante comme de l’or. Les boules longues. Celles en forme de glaçons. Les rouges avec des picots blancs et les autres avec des couronnes de feuilles de gui dessus. Ah oui! La vieille craquée! La boule toute fendillée qui nous plonge dans notre enfance.

Et la boule cassée. On lui cachait le trou par-derrière avec une branche de sapin.

Je sais pas pourquoi les boules me font ça.

En tout cas.

Quand je pense aux boules, je me dis que ça nous ressemble. Me semble qu’avant, on faisait plus attention à nos belles boules. Elles étaient cassantes. Délicates. Uniques aussi. Plus brillantes! C’était comme plus précieux qu’aujourd’hui. Je ne parle pas de la nostalgie de Noël. Je parle juste des boules dans notre sapin personnel. Celles qu’on accroche. Celles qu’on choisit d’enlever aussi...

Curieux pareil! On dirait que les boules de Noël suivent la tendance de nos comportements sociaux. On dirait qu’on se fiche encore plus de la boule des uns et des autres. Au sacré nom de SA liberté, on va rire de la grosse bombée. On peut rire de la boule toute déformée! On s’impatiente plus facilement «sur la goutte qui fait déverser la boule».

On oublie la boule craquée. On juge la petite rayée. Ou celle qui cloche au côté du petit bonhomme de neige en porcelaine. On se fait moins attention. On se brise plus facilement. Pour la sainte liberté! On casse. On se fait casser.

On se pense des «incassables»

Et pourtant...

Nous sommes tous des boules dans le sapin. Fragiles et cassables.

Pour Noël, accrochons-nous les uns aux autres et brillons! Prenons le temps de polir une boule dans le sapin. Une boule qui a besoin d’une petite attention de notre part pour qu’elle reste accrochée dans l’arbre. Et pour ne pas qu’elle tombe en miettes!

S’aimer à la place de se ramasser...

Joyeux Noël, les boules!

Daniel O. Brouillette

Saint-Narcisse