Journée mondiale de la paix: surtout, ne pas baisser les bras!

OPINION / En ces temps marqués par de multiples conflits, souligner la Journée mondiale pour la paix, le 21 septembre de chaque année a-t-il encore un sens? Au Comité de Solidarité Trois-Rivières (CS3R) nous y croyons fermement puisqu’un monde en paix ne peut qu’être bénéfique pour l’humanité et pour la planète.

Mais atteindre cet idéal nécessite le respect, voire même le renforcement, des multiples accords et traités internationaux mis en place depuis 1945 en cohérence avec le préambule de la Charte de l’ONU qui affirme: «Nous peuples des Nations unies, résolus à préserver les générations futures du fléau de la guerre…». Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterrez, ne cesse d’ailleurs d’appeler les Nations et les factions en guerre à un cessez-le-feu et à davantage de coopération pour faire face aux défis auxquels l’humanité est confrontée. La pandémie de la COVID-19 et les changements climatiques en constituent d’éloquents exemples.

Alors qu’on redécouvre, à la lumière de la pandémie, les vertus de la solidarité, de l’entraide et de la coopération, des États et des dirigeants agissent pourtant à contresens. Se nourrir, se vêtir et se loger représentent un défi quotidien pour des milliards de personnes, les changements climatiques frappent de plus en plus durement nos écosystèmes. Pourtant, dans une course qui apparaît de plus en plus mortifère, 1800 milliards de dollars US sont, chaque année, engouffrés dans le commerce des armes et les budgets militaires.

Et le Canada n’est pas en reste! Le gouvernement fédéral continue de vendre des armes au régime toxique de l’Arabie Saoudite dont les atrocités font régulièrement la manchette. Les autorités canadiennes se placent ainsi en évidente contradiction avec le traité international sur le commerce des armes qu’ils viennent de signer, mais aussi avec leur discours «officiel» sur le respect des droits humains. L’odeur de l’argent l’emporterait-elle sur le respect des valeurs dont on se réclame?

Et que dire de l’alignement quasi automatique de la diplomatie canadienne sur celle des États-Unis? Qu’il s’agisse notamment de la recherche d’une solution durable et juste au conflit Israël - Palestine ou des résolutions onusiennes en faveur de l’abolition des armes nucléaires, la position du Canada a, sur ces sujets et beaucoup d’autres, des allures de «copier-coller». Ottawa en a d’ailleurs récemment payé le prix, sa candidature pour un poste au Conseil de sécurité de l’ONU n’ayant pas été retenue.

Alertés par la possibilité d’un conflit nucléaire, des scientifiques atomiques créaient, en 1947, un indicateur dénommé «l’horloge de l’apocalypse». Compte à rebours d’une situation de non-retour pour la survie de l’humanité, on a avancé cette année de 20 secondes ladite horloge. Raisons invoquées: le retrait des États-Unis, suivis conséquemment par la Russie, du traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire et la menace du président Trump d’une non-reconduction, à son expiration en 2021, du traité «New Start» sur la réduction des armes stratégiques nucléaires. On invoque également les changements climatiques, le recul de la démocratie, la progression des «fake news» et autres vérités alternatives, la militarisation de l’espace et le recours à des armes «intelligentes» pouvant désormais tuer sans supervision humaine.

Nous en serions, selon l’horloge, à 1 minute et 40 secondes du moment fatidique. On avait pourtant gagné presque 17 minutes avec l’annonce de la fin de la guerre froide en 1991. Un sursaut de lucidité est donc encore possible. Pour qu’il en soit ainsi, il ne faut surtout pas baisser les bras, mais persévérer dans la promotion d’un monde en paix. Un engagement que le Comité de solidarité Trois-Rivières entend poursuivre.

Jean-Claude Landry, président

Au nom des membres du CA du Comité de Solidarité Trois-Rivières (CS3R)