Le candidat du Parti vert du Québec dans Trois-Rivières, Adis Simidzija, signe cette lettre dans laquelle il soulève des questions quant à la désignation de Jean Boulet comme candidat de la CAQ dans cette circonscription.

Jean Boulet, la CAQ et leur sensibilité sélective à la pauvreté et l’exclusion

L’auteur, Adis Simidzija, est candidat du Parti vert du Québec dans Trois-Rivières.

On apprenait dans Le Nouvelliste, à l’annonce de la candidature de M. Boulet pour la CAQ dans Trois-Rivières, que ses implications dans des causes l’ont rendu conscient «des dures réalités que sont la pauvreté et l’exclusion». Quelqu’un a osé demander à M. Boulet si sa nouvelle famille politique était aussi consciente que lui de ces dures réalités?

Prenons l’immigration pour exemplifier une dure réalité qui impose pauvreté et exclusion à des êtres humains fragilisés par la tragédie de leur vie. Le sait-il, M. Boulet, que son parti fait preuve d’intolérance face à leur pauvreté et pratique l’exclusion à leur égard.

Tu as vécu la guerre. Subi l’instabilité d’un pays en ruines. La moitié de ta famille a été assassinée. Ton quotidien se résumait à ne pas mourir. Tu as pris l’avion. La CAQ te donne trois ans pour effacer tout ça, te trouver un emploi et t’assimiler sinon on te retourne dans ton pays. M. Boulet ne semble pas conscient de ce qu’est une conscience de la pauvreté et de l’exclusion. Une conscience minutieusement sélective est-elle une conscience ou une preuve d’opportunisme?

Le sait-il, M. Boulet, que la CAQ était favorable à la réforme de l’aide sociale proposée par le gouvernement Couillard. Cette même réforme qui appauvrit les plus pauvres et exclut davantage les exclus. Drôle de conscience que celle de M. Boulet quand on sait que les personnes bénéficiaires d’aide sociale doivent verser de 50 % à 80 % de leur revenu mensuel pour simplement se loger alors que la CAQ veut imposer d’autres obstacles aux pauvres.

De son côté, le chef de la CAQ François Legault s’est engagé à relancer l’économie mauricienne et à travailler pour créer des emplois payants, apprend-on. Qu’est-ce qu’un emploi payant pour M. Legault qui s’oppose au salaire minimum à 15 $ de l’heure? Comment créer un emploi payant et dans quel but? La formule semble si simple pour M. Legault: abracadabra, voici un emploi payant!

Pourquoi créer de nouveaux secteurs d’emploi précaires alors qu’on manque de main-d’œuvre? Ne serait-il pas plus judicieux de développer et d’encourager les petites et moyennes entreprises déjà établies dans la région? Celles qui font la fierté de notre ville. Celles qui souffrent d’un manque de financement. Ne serait-il pas plus bénéfique pour Trois-Rivières d’augmenter le salaire des personnes travaillant dans ces petites et moyennes entreprises?

MM. Legault et Boulet ne se sont-ils pas questionnés sur les raisons de la perte des 3100 emplois dans les quatre dernières années?

Tous les partis politiques oublient que Trois-Rivières est et restera une ville ouvrière. Cela n’empêche pas le développement d’autres secteurs de l’économie, mais ne pas reconnaitre la réalité et la force de la ville, c’est ne pas connaître les enjeux auxquels sont exposés les citoyennes et citoyens. C’est négliger celles et ceux qui ont fondé cette ville.

On comprend bien que MM. Legault et Boulet croient que la croissance économique va sauver Trois-Rivières. Ils la posent comme LA solution aux inégalités, à la pauvreté et à l’exclusion sociale. Or, comme le relate l’Institut du Nouveau Monde, un des grands problèmes avec la croissance économique est qu’elle ne peut être éternelle si les ressources de notre planète ne sont pas illimitées. Certes, les progrès technologiques peuvent trouver de nouvelles recettes. Toutefois, le réchauffement climatique, ainsi que l’envolée des prix des ressources naturelles, des terres cultivables ou habitables démontrent de manière alarmante les limites de cette approche.

Il faut donc penser autrement l’économie de Trois-Rivières. Encourager la production locale. Viser à solidifier les emplois déjà existants. Financer adéquatement les petites et moyennes entreprises. Encourager celles-ci dans la transition inévitablement verte avant de penser à créer de nouveaux domaines d’emplois qui, M. Boulet devrait le savoir puisqu’il est spécialisé en droit du travail, seraient précaires et n’apporteraient qu’une plus grande instabilité à une ville qui a déjà beaucoup de difficultés à se tenir debout devant Québec faute de députés qui ont conscience de la dure réalité de la pauvreté et de l’exclusion que peuvent vivre les citoyennes et citoyens d’une ville ouvrière.