Je serai prêt à signer

OPINIONS / La délicate question de l’aide médicale à mourir est débattue à nouveau et la réflexion gouvernementale devrait déboucher sur une avancée sociale importante. S’éteindre dans la dignité pourrait à moyen terme s’appliquer aussi aux gens atteints de l’Alzheimer ou frappés par d’autres maladies dégénératives. Faut-il aller de l’avant avec cette opportunité d’alléger le fardeau des proches aidants? Un dossier difficile et un questionnement philosophique à réponses variables.

Tout en considérant que le problème relié aux troubles cognitifs est réel et ne fera que s’accentuer…

Tout en sachant que 90% des aidants impliqués et 70% du personnel médical concerné expriment leur ouverture face à une éventuelle législation…

Tout en s’interrogeant sur les conditions préalables aux difficiles décisions de mettre fin à la vie…

Quelles sont les limites à ne pas franchir? Le débat bien sûr est émotif. Il faut aussi reconnaître honnêtement que le volet financier est partie prenante de la réflexion, tout comme les principes religieux de bon nombre d’entre nous.

Les débordements des uns sont donc à prévoir et les dérapages des autres qui découlent des positions fermes sont à venir, tout en étant déplorables et non productifs.

On n’a qu’à penser aux dossiers concernant l’avortement, le mariage gai, la laïcité, l’immigration, la peine de mort, la légalisation du pot, etc.

Trop de personnes impulsives et souvent peu au fait de la question ont tendance à ne fixer qu’un côté de la médaille.

Elles sont pour à 100 % ou fanatiquement contre. Que du noir ou du blanc, mais jamais de zone grise. C’est une forme d’aveuglement volontaire. Ces gens s’expriment, point à la ligne, sans réaliser qu’ils ne font que durcir les positions opposées et donc retardent les conclusions souhaitées par la majorité.

Suis-je alors en faveur ou pas du droit de mourir dans la dignité si frappé éventuellement par certaines maladies bien identifiées et si j’en viens à atteindre le point de la presque déchéance visuelle, morale ou physique, tout en étant prisonnier de mon corps? S’il devient possible de faire une demande anticipée, même en considérant les motifs de l’opposition, je suis prêt à signer pour alléger le fardeau social et surtout par respect pour mes proches.

Roger Matteau

Shawinigan