L’auteur de cette lettre souhaite que le centre communautaire de Louiseville soit restauré plutôt que démoli pour être remplacé par une nouvelle construction.
L’auteur de cette lettre souhaite que le centre communautaire de Louiseville soit restauré plutôt que démoli pour être remplacé par une nouvelle construction.

Je persiste et signe: un tiens vaut mieux que deux tu l’auras

OPINIONS / Il était dans mes plans d’assister à la dernière réunion du conseil municipal de Louiseville le lundi 9 décembre, mais il m’est arrivé un contretemps. Je voulais une fois de plus interpeller les élus sur le futur du centre communautaire local. Mais je n’aurai pas pu le faire.

Lors de la rencontre du 12 novembre dernier, monsieur le maire, au nom des collègues en faveur de la démolition du centre, avait tenté de m’expliquer les motifs justifiant leur décision. J’ai bien écouté son plaidoyer.

De retour chez moi, je me suis réfugié dans mon bureau pour bien y réfléchir. Réflexion faite, je n’ai pas pu faire autrement que de maintenir la position que je défends depuis plusieurs mois: le centre communautaire doit continuer à remplir sa mission en attendant que la conjoncture soit plus propice pour envisager la construction d’un centre récréatif et communautaire à la mesure des aspirations de la population.

Pour les mêmes raisons que celles invoquées par monsieur le maire, j’estime qu’il vaut mieux dépenser les mêmes montants d’argent pour réparer le bâtiment que pour le raser. On semble oublier qu’entre les années 2009-2010 et 2015, la Ville a consacré plus d’un demi-million pour restaurer l’ancienne école des arts et métiers.

Lorsque le centre a été fermé, en septembre 2018, à la suite de l’affaissement de sa partie arrière, la Ville a confié à une firme d’ingénierie le mandat de procéder à une analyse des lieux et de lui proposer divers scénarios pour la suite des choses. Au cours de l’hiver 2019, le centre communautaire fut touché par un incendie de nature criminelle. A posteriori, il est permis d’inférer que cette catastrophe s’avéra bénéfique pour la Ville. Les experts en assurance habitation estimèrent les dégâts et il fut convenu de dédommager la Ville pour une somme d’au moins 400 000 $.

À la fin de l’été 2019, la firme d’ingénierie remit son rapport. Parmi les cinq scénarios proposés, le conseil municipal a retenu celui qui coûterait le moins cher, soit la démolition du bâtiment. 670 000 $, selon les prévisions. Si on calcule vite, la Ville n’aurait donc qu’à prévoir un montant de 270 000 $ dans le budget de 2020!

Dans sa présentation du 12 novembre dernier, monsieur le maire a rappelé qu’il en coûterait 2,5 millions $ pour restaurer le centre. C’est ici que je ne comprends plus. Selon la conseillère Françoise Hogue-Plante, qui a pris ses distances avec le reste du conseil à l’égard de ce dossier, le rapport du consultant indique que la partie avant du bâtiment est en bon état et sécuritaire. Alors, pourquoi injecter une somme aussi importante si, dans l’ensemble, le centre peut encore «faire la job» en attendant des jours meilleurs tant économiquement que structurellement?

Il est également pertinent de rappeler ici que 754 résidentes et résidents sur les 760 sollicités ont signé des pétitions pour la sauvegarde du centre communautaire. C’est plus de 99 %, ça! Et, croyez-moi, il ne se passe pas une journée sans que des gens m’arrêtent sur la rue pour me dire qu’ils ne partagent pas la vision du conseil municipal. Je ne suis donc pas le seul à croire que les élus font fausse route en s’obstinant à vouloir démolir ce précieux équipement.

Alors que les élus ont choisi de se doter d’un outil pour mieux appréhender ce que pourrait être l’avenir social, culturel et économique de Louiseville, il m’apparaît bizarre d’écarter du revers de la main une de ses forces avant même que le comité nommé par la Ville ait terminé ses travaux.

Le centre communautaire avance en âge certes, mais il est encore en mesure – à la suite des travaux requis par l’affaissement de terrain et l’incendie – de combler des besoins sociaux et récréatifs de la population en attendant, comme je le mentionnais plus haut, le complexe multifonctionnel de rêve.

Comme spécialiste dans les domaines du loisir et de la culture, je sais que la planification d’espaces et d’équipements demeure un exercice qui requiert temps et patience. Comme tout coûte cher de nos jours, il faut s’assurer de prendre la meilleure décision possible avant d’investir, surtout quand il s’agit d’investir pour le mieux-être de la population.

Michel Neveu

Louiseville