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Je me suis gouré: ça se dit!

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OPINION / C’en est assez! Depuis mars dernier, je me tais et j’observe. J’ai bien écrit quelques commentaires ici et là lors des conférences de presse journalières, mais, sans plus. Je donne la chance au coureur comme disait ma grand-mère. En plus, qui voudrait remettre en question le pouvoir en plein milieu d’une crise sanitaire internationale, n’est-ce pas? Sauf que là, on frappe un mur que je ne veux pas franchir et je ne crois pas être la seule.

Au jour 1 de la pandémie, je suis optimiste. Nous avons été moins lents que les Canadiens à réagir. Je sais néanmoins, par ma formation de sociologue (autrefois professeure de sociologie de la santé), que nous avons davantage souffert que les Canadiens; nous sommes une nation marquée. Je sais que la santé est corollaire de l’histoire victorieuse ou non des peuples. Un peuple vaincu est plus malade, c’est vrai partout, toujours et tout le temps. Je reste inquiète, je suis à l’affût de toutes les sources d’information possible. Je vois mentalement l’explosion des chiffres à venir. Comme Mauricienne, d’instinct, je connais le vieillissement de la population et la misère sociale. Les Québécois sont moins en santé et leur système de santé est écrasé sous le poids de l’effritement, comme peau de chagrin, des transferts fédéraux vers les provinces. Le gouvernement central canadien, principalement soutenu par l’Ontario et, paradoxalement, trop souvent aussi par le Québec, se comporte en père autoritaire et contrôlant financièrement alors que, simultanément, il donne dans les dépenses folles et inconsidérées. Bref, Ottawa, c’est le grand égoïste sous couvert de générosité de toute cette histoire. Je m’en remets alors avec espoir à un premier ministre du Québec que je perçois comme solide: François Legault.

Au jour 2, je rage. Ottawa reste les bras pendants et entend poursuivre son obsession globaliste jusque dans la crise. Il ne ferme pas les frontières, le chemin Roxham reste la passoire qu’il est, l’un des tamis utiles de notre assimilation annoncée. Le Bloc rase les murs: silence radio ou presque. Plus que jamais, l’ignorance du leader orangiste Trudeau fils crève l’écran. J’ai des hauts le cœur. J’angoisse car je sais que ce sera nous qui récolterons les pots cassés et que le ROC s’en contre-balancera.

Arruda refuse d’exiger le port du masque pour tous: je suis éberluée. L’infantilisation de la population dans ces messes quotidiennes me pèse assez vite. La lenteur de la restructuration industrielle vers l’autosuffisance pour le matériel de protection est indéniable mais, au moins, je me dis: on essaye. La pédagogie sanitaire me semble manquante et mal orchestrée. Juste avant l’été, je questionne même la transparence des élus et de la santé publique.

Legault me semble se tenir debout quand il tente de pousser avec les provinces. Tout n’est peut-être pas perdu. Mirage.

Au jour 3, je me détends, c’est l’été. Comme à l’habitude, rien ne peut enlever au peuple du Québec la joie de vivre momentanée que lui redonne son territoire alors que ses veines dégèlent. Tous les espoirs sont permis. Je crois en la science. J’attends un vaccin ou un médicament. Je reste prudente avec ma famille. Je fais l’école à la maison même aux beaux jours. Je retire ma plus jeune du CPE. Je ne fais pas de soupers d’amis. J’ai toujours préféré mes livres de toute façon. Les États-Unis me manquent, ils sont ma deuxième patrie. Je ravale, j’ai connu pire. Je suis résiliente comme tous mes compatriotes.

Au jour 4, je commence à trouver que les microdécisions gouvernementales sont de plus en plus incongrues. Tout ceci tourne à un cha cha cha ridicule. À gauche, à droite, un mètre et demi, une verge trois-quarts, ferme à moins quart, ouvre à et dix, fini la pâte dentifrice. La liste de vos moindres besoins sera scrutée à la loupe. Est-ce essentiel de respirer? Aucune question ne sera négligée! Un pied en avant, un pied en arrière: la réalité est devenue une caricature cynique.

On récolte la merde des premiers faux-pas et personne n’ajuste le tir. Le plan pour la deuxième vague reste vague ou alors c’est peut-être moi qui ai manqué un épisode. La cigale ayant chanté tout l’été … se trouva fort dépourvue … quand le virus fut revenu … Des chèques par la tête, les vieilles habitudes des programmes mur à mur mais, aucune stratégie pour s’assurer que tous, même les plus pauvres, aient accès à un pouvoir d’achat substantiel leur permettant de faire des réserves. Le WalMart et autres grandes surfaces ont continué, comme si de rien n’était, même c’était pire, sans caissière ou presque, tout le monde a taponné les maudites caisses automatiques! Aucune perspective pédagogique forte non plus sur les saines habitudes de vie à prendre (vitamine D, caractère glucophage du virus, etc.). «Coercition» fut le mot d’ordre dès le début et on n’a pas cherché plus loin. On a pris ça pour du cash. Le gouvernement du Québec, impotent sur son territoire, nous a passé un collet avec une assez longue laisse mais, un collet pareil. Aujourd’hui, on est rendu au bout de la corde. Voilà ce qu’on nous a passé avec le sapin!

Au jour 5, on a comme pleuré nos morts brièvement, comme pour reprendre son souffle dans un naufrage. On croirait qu’on en aurait été rapprochés mais non, il n’en fut rien. Comme des hyènes, sans plus aucun leadership, ont s’est mis à s’entre-déchiqueter la chair; à se soupeser moralement le mode de vie respectif. La délation, la méfiance sociale, la coercition étant le chemin choisi par ce gouvernement, il ne faut pas s’étonner du résultat, c’est-à-dire: un échec. Les chiffres explosent dans leur constance. Pourtant, même Google a prouvé que nous étions obéissants. Quelle honte au bout du compte. Être si obéissants et souffrir autant. Le petit Jésus serait content. Quelle ironie de l’histoire! C’est notre vie en quelque sorte. On n’y échappe pas puisqu’on a refusé d’emprunter le chemin de notre propre destinée collective dans le concert des Nations.

L’un va dans le sud, l’autre va au ski (en passant, avec ça dans les pieds, t’as déjà un mètre tout le tour), l’un travaille à la maison, l’autre a perdu sa femme. Ce qu’on devrait savoir; ce qu’on veut savoir, c’est: où vont les dirigeants et quelle est leur stratégie logique? Cette guerre aux sorcières enfantine et sans balise; cette chasse insensée et très souvent illogique doit cesser! On est tous victimes dans cette galère.

Les regards individuels et souvent accusateurs se croisent. Il n’y a plus de place pour de la sympathie réelle pour son voisin. Le Nous est mort. Une prise de conscience nationale sera, je l’espère, nécessaire pour transcender; pour recoudre de magie et de bon vouloir, notre tissu social en lambeaux. Je ne vois pas de sortie profonde de crise sans cela, vaccination ou non, contrôle du virus dans toutes ses variantes ou non.

Au jour 6, ces gouvernements rient carrément de nous. J’ai rejoint l’étape ultime de mon cheminement avec les personnes décisionnelles dans cette pandémie. Je n’écoute plus et je suis en colère. Le déploiement tant attendu de la vaccination n’arrive pas … on a même eu le temps d’en créer un gif: un type coincé dans un escalier roulant. Qui est-il? Le livreur de vaccins ! Rire même jaune pour ne pas pleurer, c’est là qu’on en est. Quand vont-ils admettre qu’ils se gourent sur toute la ligne? Quand vont-ils faire preuve d’humilité sincère?

Hé! Ça suffit! Halte là, halte là, halte là! Couvre-feu! Shut down! Le démon nocturne ressort de ses ténèbres; non mais, qu’est-ce qu’il ne faut pas entendre? Qu’est-ce qui arrive exactement après 8 heures du soir à l’extérieur? Mis à part quelques accros des sports d’hiver, qui peut bien déranger à ce point? Si quelqu’un a une réponse censée, j’apprécierais qu’elle me soit communiquée. L’heure de la transparence a plus que sonné. La ventilation dans les écoles a été mentionnée dès mars 2020 sur les fils de conférence de presse supposément analysés à la lettre par des employés du gouvernement. Ils n’ont strictement rien fait. Rien! Là, on nous arrive avec ça!?

Je dis non. Je refuse ce couvre-feu. Je ne suis pas très sorteuse mais, si j’ai à sortir, je sortirai.

Sacki Carignan Deschamps

Shawinigan