J’ai récemment côtoyé des gens d’exception...

OPINIONS / Au petit matin du 23 avril 2020, le temps s’est arrêté pour mon père…

Il aura eu un court séjour au CHSLD Mgr Paquin de Saint-Tite. Il n’aimait pas dormir ailleurs trop longtemps mais il était dans sa ville natale. Mince consolation!

La bonté et le respect des autres que mon père a eus toute sa vie lui auront été rendus par une volée d’anges à Mgr Paquin. Ils se nomment Josyanne, Nathalie, Audrey Ann, Hélène, Marie-Laurence, Marilyne, Caroline, Lyne, Lyane, Drs Carlo et Grandisson et toutes celles et tous ceux que j’oublie. Et désolé si j’ai mal épelé vos noms ou si je vous rebaptise par mégarde!

Merci aussi à François, travailleur social, qui a fait en sorte qu’il puisse y avoir une place.

De l’accueil à sa sortie, il aura eu tous les soins requis, et ce, depuis la première minute de son arrivée. Votre humanité, votre douceur et votre dévouement jusqu’à la fin auront été un baume pour ma mère et nous, ses enfants, de le savoir entre vos mains. Votre agilité à organiser la rencontre pour le plan d’intervention planifié le 24 mars, suite au confinement en CHSLD, virtuellement pour faire suite à son admission quelques semaines auparavant afin de s’assurer de son confort, a été le début de cette nouvelle réalité.

Dans ce confinement et malgré le manque de temps, jamais je n’ai senti que vous étiez pressés mais plutôt que vous preniez toujours le temps de nous rassurer et de bien répondre à nos questions. Vous étiez aussi les initiateurs des appels pour plus de nouvelles. S’il s’égarait dans son errance, vous le rameniez simplement sans confinement additionnel à sa chambre en le laissant à la fois libre et accompagné.

Dans la maladie, nous savions que vous étiez à ses côtés par vos réponses autant sur ses signes vitaux que sur son humeur et son attitude. Votre disponibilité accrue à répondre à nos questions quotidiennes fut encore une fois d’un grand réconfort. Le contact était constant et bidirectionnel. Je n’aurais jamais imaginé être contacté aussi souvent par un CHSLD alors que l’on connaît tous les enjeux de ressources. Avant le confinement, au minimum un appel hebdomadaire de votre part sinon plus... pendant le confinement, à chaque étape et plusieurs fois par jour si requis afin de nous tenir informés des nouvelles consignes, des situations en cours, des services et de sa situation.

Lorsque le virus a touché votre quotidien, vous avez été nombreuses et nombreux à mettre tout en œuvre afin de faciliter la complexité de la situation surréaliste que nous vivons tous. Il nous était dorénavant impossible de le voir, le toucher et lui démontrer notre soutien. La technologie aidant mais, avec un père alzheimer non techno, comment aurait-il été possible de communiquer avec lui sans une Nathalie qui transpose nos questions afin qu’elles viennent d’un être humain (lire très humaine) et non d’une tablette qui s’adresse à lui.

Malgré la situation particulière de ce virus et dans l’évolution de son alzheimer, nous avons pu lui témoigner chacun à notre façon notre présence et notre soutien comme il l’a fait tout au long de sa vie à sa manière pour nous, avec peu de mots mais toujours présent et heureux de nous voir.

Dans l’évolution rapide de la situation, vous avez su communiquer rapidement, prendre les mesures et ajuster tout ce qui était possible afin de soulager ses souffrances et maintenir le niveau de confort requis, respectant ainsi ses désirs de niveaux de soins avec un respect de qui il était…

Ce message n’en est pas un de sympathie mais de remerciement face à votre dévouement. Ce message ne se veut pas non plus un plaidoyer afin de dire que les CHSLD vont bien… votre établissement est vieillot pour ne pas dire très vieux sans mentionner vos conditions de travail. Votre lieu physique de travail n’est pas ce que plusieurs exigent d’un lieu de travail mais il est rempli de gens de cœur: vous!

Sans votre dévouement et votre sincère vocation, mon père aurait possiblement souffert dans la maladie, il n’aurait pas eu les soins quotidiens qu’il a eus comme en temps normal, il n’aurait pas été accompagné dans ses derniers instants (merci Audrey Ann), et nous n’aurions pas été informés au fur et à mesure de l’évolution de la situation comme nous l’avons été et ainsi se sentir à ses côtés.

Nous avons eu l’opportunité et l’invitation, son épouse et ses enfants, de le visiter à ses dernières heures. Par restriction, limitation, risques et décisions de ne pas affecter des gens autour de nous ou dû à nos conditions de santé défavorables, il nous a été difficile d’être à ses côtés.

Vous avez fait office de présence et l’avez accompagné jusqu’à la fin assurant ainsi qu’il puisse partir paisiblement. Votre présence et votre disponibilité ont fait en sorte que nous avons aussi accepté la situation paisiblement car en vous, il y avait un peu de nous!

Merci encore à vous qui étiez présents pour mon père Lucien!

Nous vous en serons éternellement reconnaissants!

Jean-François Bordeleau

Saint-Ferréol-les-Neiges