J’ai honte pour Hippocrate!

OPINIONS / Avec son collègue Démocrite, Hippocrate (vers 400 ans avant J.-C.) rédigeait un texte intitulé: «Serment».

Encore aujourd’hui, on peut faire une place particulière au texte du Serment que prêtaient alors les futurs médecins et dont nous perpétuons le souvenir.

À la différence qu’aujourd’hui, en ce mois d’avril 2020, on pourrait, sans dyslexie, inverser les dernières syllabes des noms de ces deux médecins; on pourrait plutôt prononcer: «Démocrate et Hypocrite».

En effet, le «Serment d’Hippocrate», semble maintenant, signifier pour nos médecins, le «Serment d’hypocrites»!

Où sont donc nos «docteurs»; ces médecins qui trahissent honteusement leur serment de «prêter assistance» aux gens dans le besoin?

Pourtant, le Docteur de l’automobile, la Docteure du poêle à bois, le Docteur des fosses septiques, le Roi de la patate, Le King de la piscine, la Reine du macaroni, le Dieu du cheveu, même la Déesse des ongles, eux, ils ont levé la main pour aider les préposés aux bénéficiaires et les malades.

Votre «attitude d’autocrates», face à la demande d’aide démocratique de notre gouvernement, est désolante.

Les alchimistes en vous nous demanderaient-ils de changer le plomb de la COVID-19 en or?

Vous ressemblez à de faux brillants; votre brillante absence n’est pas or, ni même bronze, mais plutôt pyrite! Vous savez, ce sulfure de fer qui brille et qu’on surnomme «l’or des fous»; dans les circonstances ce surnom correspond parfaitement à votre réaction de «fous de l’or»!

Nous vous avons appris la médecine… mais nous constatons que la vocation, le don de soi, l’altruisme, la bonté, la générosité, la philanthropie sont des valeurs humaines qui ne s’apprennent pas; nous les possédons ou nous ne les possédons pas. De toute évidence, votre profession et votre titre de «docteur» ne vous les confèrent pas systématiquement!

Votre «Serment d’Hippocrate» ressemble davantage à un «serment d’hypocrites»; il semble qu’il y a des agnostiques et des menteurs parmi votre classe sociale!

Impliquez-vous bénévolement, vite ça presse… bien davantage qu’à songer à remplir vos poches; morts, même avec les poches pleines de dollars, vos héritiers sauront pleurer, non pas votre décès, mais votre indifférence à aider et à soutenir les préposées et leurs patients.

Qu’attendez-vous pour aider, prêter assistance ou simplement donner un coup de main à ces pauvres travailleuses qui se dévouent pour prendre soin de nos parents et… probablement des vôtres aussi?

Vous venez de manquer une occasion en or de partager votre connaissance auprès de nos préposées tout en leur donnant l’espoir d’un meilleur lendemain.

Vous venez de rater le «moment magique» pour enfin exprimer au peuple votre reconnaissance pour ces salaires faramineux que la société vous consent.

Quelle ingratitude sociale… Vous décevez amèrement la population, égoïstes que vous êtes!

Un jour, pas si lointain, vous serez vous aussi des aînés… peut-être comprendrez-vous alors votre manque de compassion!

Jean Paquette

Trois-Rivières