Le Café Frida a été la cible de militants d’extrême droite récemment. Le 4 juillet dernier, ils ont fait irruption devant l’établissement du centre-ville de Trois-Rivières, en diffusant des publications Facebook en direct. Ils y invitaient à mots à peine couverts les militants antifascistes à venir à leur rencontre pour une confrontation. Des affiches concernant une activité à venir du groupe la «Vague bleue» ont été collées à la balustrade.

Inquiétudes devant la montée des mouvements d’extrême droite à Trois-Rivières

OPINIONS / L’auteure, Marie-Pier Lemay est doctorante en philosophie politique à l’Université de Guelph. Elle est originaire de Trois-Rivières.

En tant que citoyenne informée, je m’inquiète considérablement de la montée des mouvements racistes et d’extrême droite un peu partout dans le monde. Je constate l’escalade d’un repli identitaire menant certains gouvernements à exclure les minorités sexuelles, religieuses et raciales en durcissant le ton par rapport à celles-ci.

Malgré ces démonstrations d’intolérance sur l’échelle internationale, je souhaite croire que ma ville natale est une terre d’inclusion. Je me souviens des vagues de solidarité à l’endroit des victimes du tsunami de 2004 dans l’océan Indien et du tremblement de terre en Haïti en 2010 ou encore de la force des groupes locaux de défenses de droits humains dans la région de la Mauricie, telle qu’Amnistie internationale.

Néanmoins, en lisant régulièrement Le Nouvelliste, je constate une résurgence d’actes et messages racistes et islamophobes dans mon patelin natal et je m’en indigne. À titre d’exemple, le Service d’accueil des nouveaux arrivants (SANA) de Trois-Rivières a fait l’objet de nombreux messages haineux pour avoir utilisé une photo de deux femmes portant le voile dans une de leurs publicités (voir édition du Nouvelliste du 13 juin 2019). Par la suite, des tracts dépeignant négativement la communauté musulmane ont été distribués dans les quartiers du centre-ville (voir édition du Nouvelliste du 21 juin 2019). Ces affiches, distribuées le 20 juin 2019 lors de la journée mondiale des réfugiés, ont causé préjudice envers cette communauté tout en soufflant sur les braises de l’intolérance.

Enfin, j’ai su avec horreur qu’un groupe issu des mouvements racistes et d’extrême droite, la «Vague bleue», tente de propager un message de haine.

Après avoir annulé leur manifestation prévue en mi-juin, ce groupe tentera encore une fois de se faire entendre. De ce fait, je me questionne quant au fait que ce groupe puisse propager ce message dans l’espace public, en perpétuant des menaces envers un certain café végétalien (voir édition du Nouvelliste du 6 juillet 2019).

J’en comprends que la Ville de Trois-Rivières ne souhaite pas prendre directement position contre ces évènements, or, l’image de la ville sur la scène nationale est déjà entachée, en témoigne le caractère viral des articles publiés sur ces derniers incidents.

J’encourage ainsi la population trifluvienne à faire preuve de solidarité dans ce contexte social où nous assistons vraisemblablement à une éruption d’actes racistes dans notre ville.

Nous pouvons lutter collectivement contre cette intolérance en adoptant un discours centré sur l’ouverture et l’inclusion.