Industrie touristique: pas question de baisser les bras!

OPINION / L’auteur, Jean Lamarche, est maire de Trois-Rivières

C’était le 16 octobre dernier, il y a tout juste sept mois. L’ambiance était festive à l’intérieur du Caféier, l’un de ces accueillants petits commerces de quartier qui forgent la personnalité de notre ville. L’endroit était bondé de monde, tellement qu’il était difficile d’y circuler. L’équipe d’Innovation et Développement économique Trois-Rivières avait convié l’ensemble de ses partenaires touristiques – il devait y en avoir une soixantaine - pour souligner le bilan exceptionnel de cette saison qui venait de s’achever. Dans plusieurs attraits, les touristes avaient été plus nombreux que jamais. Un sentiment de fierté était palpable: après des années d’efforts concertés, Trois-Rivières avait définitivement gagné sa place de véritable destination d’escapades urbaines!

Évidemment, on ne joue pas dans la même cour cette année. Depuis le 12 mars dernier, l’incertitude ronge notre industrie touristique. L’attente a été douloureuse pour nos lieux d’hébergement, événements, musées, attraits, et restaurants, qui semblent maintenant percevoir une lueur d’espoir. Bien déterminés pour la plupart à rouvrir en suivant les règles qui seront imposées par la Santé publique pour prévenir la propagation de la COVID-19, ils auront encore à déployer des énergies et des ressources pour y arriver. Mais les prochaines semaines, voire les prochains jours, seront critiques. N’est-ce pas complètement surréaliste d’envisager des faillites et des fermetures sept mois seulement après un bilan si exceptionnel?

Il n’est pas question de baisser les bras, et déjà, plusieurs sont à pied d’œuvre pour soutenir ces entreprises si importantes pour notre ville. Par exemple, l’équipe d’IDE Trois-Rivières en a accompagné une quarantaine, financièrement ou par des services-conseils. Huit ont reçu une subvention variant entre 5400 $ et 20 000 $, un montant qui les aidera à adapter leurs produits ou leurs services à la nouvelle réalité.

Une vingtaine d’entre elles ont bénéficié de financement sous forme de prêts, pour un total de 755 000 $. Je tiens à préciser que ce montant représente près du quart de l’enveloppe de 3,1 M$ que nous confie le gouvernement du Québec dans le cadre du Programme d’aide d’urgence aux petites et moyennes entreprises.

Le tourisme, la culture et le divertissement ont également été identifiés parmi les secteurs prioritaires par le Comité de relance économique de Trois-Rivières. Six acteurs clés du milieu se rencontrent virtuellement de façon régulière pour bien planifier la suite des choses. Déjà, des priorités ont été déterminées: sécuriser la clientèle, adapter les lieux pour répondre aux consignes sanitaires, changer certains modèles d’affaires, prendre le virage de la transformation numérique, maintenir la notoriété de Trois-Rivières comme destination touristique, etc.

Petit à petit, les balises qui orienteront nos actions en vue de la prochaine saison estivale se précisent. Les touristes étrangers et canadiens seront absents. Mais tout n’est pas perdu pour autant! Une chose devient de plus en plus claire, au fil des semaines: le tourisme local et intra-Québec sera au menu cet été, et nous allons saisir cette opportunité!

À la Ville de Trois-Rivières mais également ailleurs dans nos organismes paramunicipaux et nos entreprises, des dizaines de personnes sont mobilisées en ce moment pour planifier une saison estivale dont tous se souviendront encore dans 20 ans! Créer des expériences culturelles uniques, découvrir notre ville autrement, apporter des touches originales et ludiques aux quatre coins de notre territoire, sans oublier le grand spectacle de la fête nationale du Québec, qui sera tourné à l’Amphithéâtre Cogeco, voilà ce à quoi s’affaire tout le monde! Chacun travaille en mode accéléré, conscient que le beau temps est déjà à nos portes.

Parallèlement, nous savons que le gouvernement du Québec planche actuellement sur l’élaboration d’un plan d’aide spécifique à l’industrie touristique. Évidemment, nous attendons avec beaucoup d’impatience d’en connaître les détails. Il faut sauver le plus de joueurs possible. Il en va de la vitalité de nombreuses villes et régions québécoises.

Pour Trois-Rivières, le secteur du tourisme représente pas moins de 213 M$ en retombées économiques annuelles. Plus de 4750 emplois en dépendent, soit 8 % de l’ensemble de la main-d’œuvre sur le territoire trifluvien. C’est considérable! Notre industrie touristique, tout comme l’ensemble de l’industrie québécoise, a besoin d’air frais, et j’interpelle aujourd’hui notre ministre régional, le député de Trois-Rivières Jean Boulet, afin qu’il porte ce message auprès de ses collègues.

En octobre prochain, lorsque nous présenterons le bilan estival 2020 à nos partenaires et aux médias, je me permets de rêver à ce titre dans mon Nouvelliste : «Cette saison touristique était différente, mais tout aussi exceptionnelle!»