L’auteur de cette lettre interpelle le premier ministre François Legault pour que des investissements en santé permettent au personnel du réseau de respirer un peu mieux et de mieux offrir les services à la population.

Il faut de l’aide en santé, c’est primordial!

OPINIONS / Tant que nous ne sommes pas directement à l’intérieur des murs d’un centre hospitalier, nous ne pouvons pas complètement comprendre les besoins et la détresse des travailleurs et travailleuses de la santé. J’ai dans ma famille une belle-sœur qui vient de terminer des études collégiales pour devenir infirmière et qui entrera à l’université à l’automne pour entamer son parcours universitaire avec la motivation plus que débordante de devenir une «superinfirmière».

Au début je me demandais ce qui la motivait d’entamer une formation dans un domaine où les heures s’accumulent à vitesse grand V et qui amène souvent son lot de problèmes de santé et de fatigue, tellement que la tâche est rendue colossale dû à un manque incalculable de personnel et un manque d’investissement du gouvernement Legault.

Même si la ministre de la Santé est remplie de bonne volonté à vouloir redresser un bateau qui a plus souvent favorisé les médecins que les autres corps professionnels, comme nous a souvent démontré l’ancien ministre de la Santé, il faut se le dire, ce sera un projet de longue haleine et d’une grande complexité. Mais cela pourrait finalement porter des fruits et permettre aux travailleurs et travailleuses de la santé d’accomplir leurs quarts de travail dans des conditions qui seront axées sur la qualité qui est déjà présente, mais aussi avec les effectifs requis pour permettre aux bénéficiaires de recevoir les soins qu’ils méritent.

Ayant été hospitalisé dernièrement pour une infection qui m’a obligé de fréquenter l’hôpital de Trois-Rivières, j’ai été à même de comprendre et de constater que ces cris d’alarme envoyés par les employés des hôpitaux ne sont pas de l’ordre des enfants rois, loin de là! Leurs demandes ne sont pas irréalistes et tout à fait légitimes.

Je dois vous dire que ces personnes sont investies dans leur mission hors du commun pour les patients dont elles s’occupent. J’ai vu une secrétaire passer plusieurs minutes au téléphone à répéter à son interlocuteur, que cette demande était impossible à réaliser, mais tout en gardant un calme exemplaire. Normalement, le commun des mortels aurait envoyé promener son interlocuteur dans les 90 premières secondes et aurait raccroché, ce qu’elle n’a pas fait. Lorsqu’elle a déposé l’appareil à la fin de son appel nous avons, mon épouse et moi, attiré son attention pour la féliciter pour sa patience et sa courtoisie!

Et que dire des préposés aux bénéficiaires, infirmières auxiliaires et infirmières cliniciennes/praticiennes qui, d’un sourire toujours contagieux, prennent le temps de s’occuper de tous même si ces employés sont en effectifs réduits vu le grand nombre de personnes absentes.

Il ne nous a fallu que quelques secondes pour comprendre ce que c’est d’être passionné et dévoué pour son travail. Je les ai vus quitter un patient qui venait de les rabrouer, même si rien n’était de leur ressort, et arriver chez le prochain patient en ne laissant rien laisser transparaître. Et quand on est malade, on oublie beaucoup de bonnes manières et surtout on devient désagréable.

Ces hommes et ces femmes se donnent corps et âme et on voudrait les citer comme exemple à suivre pour l’ensemble des générations à venir. Souvent, ils reçoivent de la part des patients des doléances qui ne sont souvent pas adressées à eux, mais au réseau en général. Ils répondent avec un calme déconcertant que je ne crois pas avoir vu autant dans bien d’autres sphères des services publics.

Je ne me souviens pas du nom de toutes et de tous, mais je me devais de remercier pour les services compétents et de qualité que j’ai reçus dès que je suis arrivé à l’urgence, lors de mes nombreux examens, juste avant d’aller au bloc opératoire, le suivi de mon arrivée dans ma chambre du troisième étage et cela jusqu’à mon retour à la maison. Quand je vois les gens quitter les emplois en santé allant même jusqu’à se rendre au geste irréversible dû à un manque flagrant d’aide, il me semblait essentiel de leur apporter mon soutien indéniable pour tous ceux qui prennent la grande décision de s’investir en santé.

Monsieur le premier ministre Legault, au lieu de mettre des efforts à gauche et à droite et investir parfois au mauvais endroit, regardez donc ce qui se passe chez nous, dans notre système de santé! Il y a déjà beaucoup à investir en santé et en éducation, qui devraient être les deux priorités de votre gouvernement. Car quand vous allez avoir besoin de services de santé dans un avenir pas si lointain, vous serez heureux de voir que vos investissements dans ces ministères auront porté des fruits. À moins que vous vous tourniez vers le privé et là vous nous prouveriez à tous que vous n’avez rien compris et que finalement vous n’aurez jamais vraiment voulu être le gouvernement du peuple, mais bien le gouvernement des patrons.

Alors, allez-vous me prouver le contraire? Maintenant donnez-vous «Legault» et agissez pour le bien du peuple québécois.

Mathieu Laforme

Trois-Rivières