Identité numérique: pour éviter de faire fausse route

OPINIONS / Lettre adressée au ministre délégué à la Transformation numérique gouvernementale du Québec, Éric Caire.

Monsieur le ministre,

Dans la foulée de vos annonces récentes concernant l’identité numérique, j’aimerais porter à votre attention certains éléments de réflexion.

Le vol d’identité chez Desjardins semble démontrer que l’obtention des numéros d’assurance sociale (NAS) est le premier motif de ce vol. Cela m’amène à parler de la préséance du certificat de naissance sur le numéro d’assurance sociale.

Pour avoir votre numéro d’assurance sociale du Canada, vous devez produire votre certificat de naissance. Donc le certificat de naissance a une valeur juridique plus grande que le numéro d’assurance sociale. Tous ceux qui ont été victimes du vol de leur identité possèdent un certificat de naissance.

La majorité des citoyens ont trois prénoms sur le certificat de naissance. Mais la plupart n’en utilisent qu’un seul. Pourquoi le gouvernement du Québec, qui a la responsabilité des certificats de naissance pour ceux qui sont nés dans la province de Québec, n’utiliserait pas en entier les prénoms qui figurent sur l’acte de naissance? Le transfert serait facile à faire, la personne est libre d’utiliser tous les prénoms ou seulement une partie de son prénom. Nous ne serions pas obligés de créer une nouvelle identité «numérique» car le certificat de naissance que l’on possède est valide jusqu’à notre mort.

Le gouvernement du Québec peut obliger à ne pas reconnaître le numéro d’assurance sociale du Canada. Pour ceux qui sont victimes de vol d’identité, le fédéral n’aura pas le choix d’annuler le numéro d’assurance sociale et de penser à obliger toutes les institutions à le faire disparaître sur tous leurs documents.

Dans un reportage présenté au Téléjournal de Radio-Canada en septembre 1998, on mentionnait qu’il y avait 4 millions de numéros d’assurance sociale de plus qu’il y avait de Canadiens de 20 ans et plus, alors que le numéro d’assurance sociale dure jusqu’à un an après la mort.

Le numéro d’assurance sociale a été créé pour les pensions de vieillesse et l’assurance chômage le 1er avril 1964 et quelques années plus tard il a été utilisé pour les rapports d’impôt au fédéral. Quand nous remplissons le rapport d’impôt, on nous demande notre nom, notre date de naissance, notre adresse et nos revenus. Pourquoi nous demande-t-on aussi le numéro d’assurance sociale qui ouvre les portes à tous?

Le gouvernement fédéral a manqué l’occasion de faire disparaître le numéro d’assurance sociale et le dépôt direct en obligeant les personnes à produire leur certificat de naissance pour avoir la prestation canadienne d’urgence (PCU).

Dans les années 1970, les jeunes joueurs de hockey devaient produire leur certificat de naissance pour jouer au hockey dans un club affilié à la Fédération de hockey sur glace du Québec. Ils ne sont pas morts pour cela. La facilité entraîne le vol.

Le gouvernement fédéral doit en profiter pour payer les pensions par chèques et tous les villages vont en bénéficier: le bureau de poste va être plus actif et la caisse populaire va revenir dans le village. L’achat local s’en trouverait encouragé, ce qui serait bon pour nos commerces.

Le gouvernement provincial doit lui aussi abandonner le numéro d’assurance sociale dans ses documents et abandonner le numéro unique. Nous devons nous appliquer à protéger nos acquis et oublier que le numéro va régler nos problèmes.

Tous ceux qui emploient les téléphones cellulaires ont de fortes chances de voir leurs conversations écoutées par des réseaux de criminels.

Monsieur le ministre, abandonnez votre projet de numéro unique pour chacun des citoyens du Québec.

Le gouvernement fédéral et la Banque du Canada doivent faire disparaître les monnaies parallèles et faire reconnaître davantage la monnaie canadienne.

Vous voulez faire disparaître notre certificat de naissance pour le remplacer par un numéro qui va remplacer notre cerveau; voilà le meilleur moyen de remplacer les gens par des robots.

Guy St-Pierre

Louiseville