L’auteur de cette lettre souhaite l’interdiction totale et définitive des combats dans les rangs du hockey junior.

Honte aux Cataractes et à la LHJMQ!

OPINIONS / Une majorité de propriétaires d’équipes de la Ligue de Hockey Junior Majeur du Québec, dont les Cataractes, refusent d’interdire les bagarres durant leurs matchs. Ils craignent de perdre des amateurs si un tel règlement était adopté. À l’appui de cette attitude contraire à un changement nécessaire vis-à-vis cette culture primitive, la LHJMQ soumet des statistiques selon lesquelles les batailles sont en déclin dans leur ligue. Or, dans mon livre à moi, comme on dit dans le hockey, une seule bagarre, oui une seule, est de trop.

Cette même LHJMQ témoigne d’une parfaite hypocrisie à cet égard, lorsqu’elle déclare, selon ses propres termes, que sa mission première est d’assurer un environnement sécuritaire à ses joueurs. Force est de constater plutôt que la véritable priorité des propriétaires est de penser d’abord à leurs poches bien avant la sécurité des joueurs.

Car comment accepter de fait que des jeunes de 16 ans, exceptionnellement de 15 ans, qui se retrouvent sur la glace à jouer contre des gars de 20, parfois de 21 ans, puissent devoir se battre contre leurs aînés ou se faire matraquer par eux? Oui, comment accepter qu’un type de 20 ans puisse frapper à la tête un jeune de 16 ans? Pour moi, c’est intolérable, inacceptable.

Et pourtant, notre société dénonce régulièrement l’intimidation dans les écoles, ainsi que la fureur de certains parents dans les estrades lors de matchs mineurs. Un célèbre joueur retraité du Canadien, Serge Savard, déclarait lui-même récemment à la télévision qu’il refusait d’accepter l’idée que ses petits-fils doivent apprendre à se battre pour éventuellement jouer au hockey à un niveau supérieur. L’autre matin à la radio, un ancien joueur-bagarreur de la LNH, Enrico Ciccone, disait se demander chaque matin à quel moment il pourrait souffrir des séquelles des commotions de son passé. Car s’il a donné des coups, il en a reçu!

Quand on sait que ces combats visent essentiellement à frapper l’adversaire à la tête pour le faire tomber, je ne puis comprendre que le gouvernement du Québec, tout autant que la LHJMQ, se traîne les pieds et se réfugie dans le déni au lieu d’agir et d’assurer pour vrai la sécurité de nos jeunes. Au collégial américain, là où évoluent nombre de futures recrues de la LNH, les bagarres sont interdites. Elles le sont également au Championnat mondial junior, ainsi qu’en Europe dans les rangs juniors.

Dans mon esprit, c’est clair et net: le gouvernement devrait émettre une directive imposant l’interdiction totale et définitive des combats dans les rangs juniors, sous peine de lourdes conséquences pour la Ligue, ainsi que pour les équipes et les joueurs concernés. Pour le joueur, ce serait le bannissement immédiat et définitif.

Ce pas en avant, absolument impératif, porterait un message pédagogique exemplaire à tous les niveaux mineurs ainsi qu’à tous les parents et à leurs enfants qui aspirent à jouer au hockey sainement et à envisager en toute sécurité de se rendre à la LHJMQ et possiblement atteindre un palier encore plus haut si on a le talent, non pas de bagarreur ou de matamore, mais de véritable joueur de hockey.

Guy Godin

Trois-Rivières