Hommage à Yves Larouche

Carrefour des lecteurs
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Le Nouvelliste
OPINIONS / Le 31 juillet dernier, M. Yves Larouche signait un texte d’opinion intitulé «Privilège et reconnaissance». M. Larouche, animateur de 360 PM sur la chaîne Radio-Canada Première radio de 15 h 30 à 18 h, nous accompagnait depuis quelques années à notre retour du travail sur cette chaîne qui nourrit nos curiosités insatiables et dont la présence et surtout la pertinence étaient au rendez-vous quotidiennement. Toutes les chroniques sont stimulantes, appréciées par la qualité des recherchistes et de ceux qui en livrent les contenus sur cette chaîne qui m’accompagne depuis plusieurs années.

À quelques reprises depuis son départ de la case horaire, il m’arrivait de m’informer de son retour mais l’on demeurait évasif. Puis-je le comprendre? Bien sûr que oui. La maladie est et demeurera toujours un sujet tabou, personnel et qui revêt une discrétion absolue et bien légitime. Au regard de ce texte d’opinion en date du 31 juillet, il nous remercie et nous apprend son départ des ondes.

Par ce texte, M. Larouche mentionnait son absence de la station radiophonique en raison de traitements de chimiothérapie intensive qu’il a courageusement abordés avec courage, espoir et sérénité. Mais là où je m’insurge est de lui avoir retiré son micro. Il ne s’est pas fait retirer sa matière grise, il s’est absenté pour des raisons évidentes de santé. Attention: j’admire et j’écoute toujours cette émission dirigée de main de maître par l’animatrice actuelle, Marie-Claude Julien. Une femme d’une intelligence remarquable, dont le sourire traverse les ondes et que j’admire énormément.

Je suis triste de cette décision car Yves Larouche faisait partie de notre quotidien, de notre regard sur le monde, et son professionnalisme, sa personnalité attachante et son humanisme nous ravissaient. Pourquoi ne pas lui avoir donné une autre case horaire?

Suis-je nostalgique et non réaliste? Sûrement. J’ai moi aussi subi des situations de travail où la reconnaissance était absente. On n’en veut plus, on libère, on se renouvelle, on s’actualise pour ne pas employer le terme rajeunir et parfois l’on comprend que le milieu du travail est précaire, incertain et trop souvent absent d’humanisme. Dommage car on se prive de personnes de cœur.

Merci, M. Larouche, et que votre route soit parsemée d’espoir. Vous le méritez sincèrement et je conserverai de vous le souvenir d’un professionnel de l’information dédié à ses auditeurs.

Céline Tessier

Trois-Rivières