Halocarbures: Québec va de l’avant malgré la pandémie

OPINIONS / L’auteure, Lauréanne Daneau, est directrice générale d’Environnement Mauricie. Devant la crise sanitaire, sociale et économique que l’on traverse en raison de la pandémie de la COVID-19, plusieurs se demandent si les enjeux environnementaux et les changements climatiques seront relégués au bas de la liste des priorités. Il y a certes une réduction spontanée des émissions de gaz à effet de serre (GES) en raison de la diminution des déplacements et des activités économiques. Mais plusieurs craignent qu’au moment de la relance, les gains pourraient être annulés par une accélération des activités dans un contexte de relance économique.

Au contraire, il y a là une superbe occasion de préparer une relance économique qui favorise l’optimisation des procédés par l’utilisation de technologies propres et la réduction de matériaux et substances polluantes. En ce sens, on voit poindre des initiatives politiques qui méritent notre attention. Le 16 avril prochain, le Gouvernement du Québec modifiera le Règlement sur les halocarbures, des composés halogénés synthétiques utilisés principalement pour la réfrigération et climatisation (entrepôts alimentaires, supermarchés, climatiseurs, etc.). Ces substances contribuent de manière substantielle à l’appauvrissement de la couche d’ozone et aux changements climatiques, car elles font partie des GES à l’origine du réchauffement planétaire. À partir de janvier 2021, la vente, l’installation et la distribution des appareils de réfrigération utilisant certaines substances, comme les hydrofluorocarbures (HFC), seront interdites au Québec dans les secteurs industriel, commercial et institutionnel. Certains types de refroidisseurs et des équipements de réfrigération dans les transports qui utilisent des HFC à haut potentiel de réchauffement planétaire, seront quant à eux interdits à compter de 2025.

Ces interdictions deviennent des incitatifs importants pour favoriser l’adoption de nouvelles technologies propres, car dès lors que ces matériaux ne sont plus acceptés, les manufacturiers n’ont d’autres choix que de se tourner vers des solutions de rechange à moindre impact.

Une telle initiative politique s’inscrit directement dans les stratégies gouvernementales visant à réduire les émissions de GES du Québec, du fait qu’elles ciblent des gaz excessivement nocifs. Selon les estimations du gouvernement, le remplacement progressif des appareils utilisant des halocarbures pourrait permettre d’éviter l’émission de 6,5 millions de tonnes en équivalent CO2 entre 2021 et 2035. À titre comparatif, cela représente les émissions de 2 millions de voitures sur une année.

Environnement Mauricie rappelle qu’en septembre dernier, une tournée ministérielle s’est arrêtée à Trois-Rivières pour entendre les idées des entreprises, centres de recherches et conseil régional de l’environnement, pour atteindre les cibles de réduction de GES. Parmi les propositions amenées à la table, celles de s’attarder aux halocarbures et de favoriser l’implantation de nouvelles technologies propres en faisaient partie.

En ce sens, nous accueillons favorablement les actions politiques de l’Assemblée nationale qui, malgré la pandémie, poursuit ses efforts pour créer un environnement plus sain.