Grèves étudiantes pour la rémunération des stages: un appel à la solidarité

OPINION / Les étudiantes en pratique sage-femme de l’UQTR étaient parmi les premières à se prononcer en faveur d’une grève générale illimitée pour la rémunération des stages. Leurs collègues du doctorat en psychologie sont également en grève cette semaine, tout comme 35 000 étudiants québécois. Bien que ce mouvement pour une meilleure reconnaissance des stagiaires n’en soit qu’à ses débuts, la solidarité des autres étudiants de l’UQTR se fait toujours attendre.

Cette désolidarisation est toutefois surprenante puisque la question de la rémunération des stages touche plusieurs autres associations étudiantes. Pensons aux étudiants du domaine de la santé, de l’éducation ou encore, de la récréologie. L’Association générale des étudiants (AGEUQTR) a-t-elle échoué dans sa mission «de veiller à la promotion des droits et intérêts» de ses membres? Ou du moins, ne serait-il pas son devoir de conscientiser l’ensemble des étudiants à la réalité de leurs collègues en stage? Bien que les étudiants de l’UQTR n’aient pas été très mobilisés dans les mouvements de grèves précédents, il faudrait poursuivre le travail de conscientisation et surtout, de solidarisation.

Ce manque de mobilisation est particulièrement criant et inquiétant au sein des associations étudiantes aux prises avec des problématiques liées au stage. On en parle peu, mais au-delà de la rémunération, les stages posent un problème quant à l’intégrité des stagiaires.

Pensons notamment aux situations de harcèlement psychologique ou sexuel, ou encore, au non-respect de la Loi sur les normes du travail (qui ne protège pas les stagiaires). À cet effet, une proposition a été adoptée l’automne dernier par l’Association des étudiants en récréologie (ADER). Celle-ci visait à mieux protéger les droits et intérêts des étudiants de ce programme, qui doivent compléter un internat de huit mois en milieu de travail, mais depuis, plus rien et ces étudiants qui ont été victimes d'injustice dans leur milieu sont tombés dans l'oubli...

La grève générale illimitée est-elle la solution à tous les problèmes des stagiaires? Probablement pas. En revanche, il est important qu’on parle haut et fort des enjeux qui les touchent et qu’on soit solidaires envers nos collègues de classe qui se battent pour leurs droits.

Audrey Pilon-Sylvestre

Finissante du baccalauréat en loisir, culture et tourisme

Université du Québec à Trois-Rivières