Gratuits, les soins de santé?

D’abord une mise en situation nécessaire afin de bien saisir le but de cette lettre d’opinion. J’ai d’abord été hospitalisé à Shawinigan du 23 septembre au 6 octobre 2017 pour fièvre et nausées. Après avoir subi tous les tests disponibles, on n’a pu établir la cause de ces symptômes, et on m’a donné mon congé.

En mars 2018, les mêmes symptômes réapparaissent et j’entre au même hôpital le 8 avril. Les résultats d’un scan montrent une affection au rein droit.

Et un diagnostic suit immédiatement: endocardite ou inflammation de la paroi des valves cardiaques qui se soigne à l’aide d’antibiotiques. Donc jusqu’au 18 avril on m’administre des antibiotiques contrôlés régulièrement par des prises de sang.

Je ne passe plus d’examens ni de tests. Mon séjour à l’hôpital consiste à recevoir des antibiotiques trois fois par jour. Et c’est une période de l’année où l’hôpital déborde et le manque de lits disponibles à ce qu’on me dit est flagrant.

En toute candeur afin d’accommoder quelqu’un de plus mal en point que moi, je demande si je peux m’administrer ces médicaments en tant que patient en externe. Et on m’informe que oui. Je me dois d’ouvrir une parenthèse ici. Tout le personnel de l’hôpital est d’une générosité et d’une patience sans reproches, depuis les préposés à l’entretien, jusqu’aux médecins, en passant par les préposés et le personnel infirmier, auprès des patients, je n’y ai vu que dévouement et passion pour leur travail.

On m’enseigne comment administrer les seringues de ma médication. Et en aucun moment on ne m’informe des coûts reliés à l’achat d’antibiotiques. De sorte qu’entre le 18 avril (sortie de l’hôpital) et le 11 mai (fin du protocole) j’ai déboursé environ 1600 $ en frais de médicaments, montant qui représente la partie non couverte par mon assurance. De plus, en aucun moment on ne m’informe du temps requis pour administrer ma médication soit 10 heures par jour entre 7 h le matin et 2 h la nuit, situation absolument stressante autant pour moi que pour mon épouse en rémission de cancers.

On sait qu’une personne hospitalisée coûte environ 3000 $ par jour à l’État. Dans ma grande générosité, j’ai fait épargner à l’État près de 70 000 $ et en retour, j’ai déboursé personnellement 1564 $ et laissé dans cette aventure des énergies dont j’aurais bien besoin maintenant.

J’ai soumis ma situation à la Commissaire aux plaintes afin d’obtenir un redressement. On m’a entendu. J’ai l’appui de plusieurs spécialistes de l’hôpital dans ma démarche. Et selon ces spécialistes, la préparation gratuite de médicaments pour les patients en externe est réservée exclusivement aux patients en oncologie, et ce, depuis 1999 et au Québec uniquement.

J’ai l’intention d’acheminer cette lettre à nos bons médecins Couillard et Barrette afin de leur rappeler de bons moments vécus lors de la pratique de leur profession.

Gérald Denis

Notre-Dame-du-Mont-Carmel