À Trois-Rivières, les services bibliothécaires sont gratuits, les transports en commun sont payants, l’accès à l’île Saint-Quentin est payant et un certain nombre de candidats voudraient le rendre gratuit. L’auteur propose une réflexion sur le principe de l’utilisateur-payeur, notamment.

Gratuité ou utilisateur-payeur, est-ce aussi simple?

À chaque élection municipale reviennent les discussions sur le «tout gratuit» ou le principe de l’utilisateur-payeur (ne payer un service que lorsqu’on l’utilise).

Dans une période où les situations financières des municipalités sont fragilisées et le porte-monnaie des contribuables mis à rude épreuve (taxes municipales, impôts sur le revenu, TPS/TVQ, etc.), la question est légitime. Mais, comment devons-nous départager cet enjeu? Où cela commence où cela se termine? Globalement, à quoi sert la vie en société? 

À Trois-Rivières, les services bibliothécaires sont gratuits, les transports en commun sont payants (comme utilisateur et contribuable), l’accès à l’île Saint-Quentin est payant et un certain nombre de candidats voudraient le rendre gratuit, et les frais de services d’eau et d’égouts dépendent de l’évaluation municipale, etc. Nous pourrions continuer la liste longuement. 

Ces pratiques différentes ont pour origine, les us et coutumes, des règlements, l’application de la loi, le fait du prince, la démagogie populaire élective, etc. Mais chaque fois que nous prenons une décision, il y a des impacts. Une vérité de La Palice, me direz-vous et vous avez bien raison. 

Prenons deux exemples. Le premier est l’île Saint-Quentin. Actuellement, les tarifs sont de 5 $. L’argument pour la gratuité s’appuie principalement sur le fait que Trois-Rivières est la seule grande ville au Québec à ne pas avoir de parc gratuit au centre-ville, tandis que les personnes favorables à l’utilisateur-payeur soulèvent les risques de dégradations, de diminution d’entretien des infrastructures par manque de revenus, d’incivilité, de beuverie, ou de sentiment d’insécurité, etc. 

Regardons maintenant le transport en commun à Trois-Rivières, qui rime souvent avec: les bus sont vides, cela coûte cher, les horaires et les circuits sont inadaptés à la plupart des utilisateurs entre autres des travailleurs, etc. À la décharge de la Société de transport de Trois-Rivières, il y a eu quelques améliorations notables comme les ententes avec les institutions scolaires, ou l’arrivée du cyclobus, du bus touristique, de l’application pour cellulaire, des navettes-Festivoix. 

Mais le taux de fréquentation demeure faible (inférieur à 3 % des habitants) et les revenus provenant des passagers (comprenant les scolaires) représentent seulement 27 % du chiffre d’affaires de la Société de transport. Actuellement, la STTR a lancé une consultation publique, c’est un premier pas pour le renouveau pourvu que nous dépassions le débat de la gratuité ou d’utilisateur/payeur.

À la lueur de ces deux exemples, le statu quo n’est pas satisfaisant. Car aucune personne comme citoyen, contribuable ou utilisateur, ne peut se contenter de la situation. L’immobilisme et la facilité ne permettent plus de répondre à ces questions: en avons-nous pour notre argent? Avons-nous les services que nous méritons à Trois-Rivières? En effet, l’inefficacité a un coût non négligeable pour nos finances publiques. Éliminer cette inefficacité, c’est nous redonner des marges de manœuvre. 

Nous sommes dus pour renouveler nos pratiques, nos manières de prendre des décisions qui devraient être guidées par le prisme des besoins, des valeurs du bien commun et des priorités que nous nous donnons comme société, encadrées par des balises comme garde-fou ou principes: des choix à coût nul, soyons prêts à revoir les modèles d’affaires, soyons créatifs et innovants, à l’écoute, regardons ce qui marche ailleurs et importons des bonnes pratiques. 

Refusons la facilité. Soyons exigeants envers nos élus et envers nous-mêmes. Ce rendez-vous électoral est un bon momentum pour faire des choix.

Nicolas Mêlé

candidat dans le district de Richelieu

Trois-Rivières