Faire de la politique autrement?

Dans Le Nouvelliste du 23 janvier, on nous annonce que François Legault a trouvé un nouveau messie dans le domaine de la santé. Le sauveur annoncé est un neurologue, le docteur Lionel Carmant qui orientera son action vers la santé des tout petits. Que fera-t-il pour les aînés alors que les CHSLD font l’objet de plaintes presque quotidiennement? Comment améliorera-t-il l’accès aux soins pour l’ensemble de la population?

Si la CAQ prend le pouvoir, le Dr Carmant chaussera les souliers de quelques prédécesseurs docteurs: le neurochirurgien Philippe Couillard, l’omnipraticien Yves Bolduc, le radiologiste Gaétan Barrette...

On croirait que la leçon aurait porté: l’opinion est répandue à l’effet que l’action la plus remarquable des médecins ministres de la santé a été de présider aux augmentations spectaculaires des salaires de leurs collègues en plus de donner des «primes à la jaquette» et des «primes à l’assiduité». Mais ça fait bien de dire que «le bon docteur Untel» va nous sortir de l’ornière... ça inspire confiance au bon peuple.

Le lendemain, la manchette porte sur la baisse de la taxe scolaire. Et libéraux et caquistes de surenchérir dans les promesses de baisses de taxes et d’impôts... sans que la qualité des services en souffre, bien sûr. Et Philippe Couillard qui en rajoute avec la promesse de baisser les impôts des entreprises... Avec tous ces milliards en moins, ça sent l’austérité à moyen terme.

Pendant ce temps-là, au Forum économique mondial de Davos, on insistait sur le fait que les inégalités économiques et leur augmentation constante constituent un problème majeur pour l’Humanité. Cela fait consensus puisque même le FMI, que l’on ne peut soupçonner de promouvoir la dictature du prolétariat, en fait une priorité.

Ceci étant entendu, comment pouvons-nous solutionner ce problème? Il est douteux que la Loi du marché seule puisse contribuer à améliorer la situation. On cherche dans l’histoire les cas où les possédants se sont librement et collectivement sensibilisés aux difficultés des moins favorisés et ont redistribué leur richesse; au contraire, les plus riches ont toujours eu un accès privilégié au pouvoir et s’en sont servis pour promouvoir leurs intérêts.

Les experts ont probablement bien des idées sur la façon de réduire les inégalités; il est peu probable que ces solutions passent par «moins de gouvernement». Pour moi, un gouvernement honnête est une force civilisatrice essentielle dans la société et il faut lui donner les moyens d’agir tout en le surveillant.

Monsieur Legault nous a beaucoup dit qu’il se démarquera des vieux partis et fera de la politique autrement; pour le moment, lui et son équipe semblent suivre le modèle standard.

René Hould

Trois-Rivières