Déjà depuis plusieurs années, il y a une inéquation évidente entre le besoin de finissants et les demandes des employeurs pour ces programmes d’études techniques qui forment la main-d’œuvre qualifiée de demain.

Évitons la catastrophe!

«Métiers d’avenir. La chance de choisir selon son profil». L’article dans Le Nouvelliste du samedi 10 mars fait référence à un document du ministère du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale (MTESS) intitulé «L’avenir cherche du monde comme toi». On lit en en tête du document: «D’ici 10 ans au Québec, plus de 1 300 000 postes seront à pourvoir. Ça te donne une occasion de trouver un emploi à ton image».

Je me rappelle avoir entendu le premier ministre Couillard déclarer l’automne dernier (je cite de mémoire) que le besoin de main-d’œuvre qualifiée est prioritaire pour l’économie du Québec. On entend déjà, et de plus en plus, des entreprises se plaindre de la pénurie de main-d’œuvre qualifiée. Cette situation met en péril leur fonctionnement et leurs investissements.

Dans le document du MTESS, on trouve parmi les emplois qui seront en forte demande: 1- Surveillant de fabrication de produits métalliques et de pièces mécaniques; 2- Estimateur en construction; 3- Technologue et technicien en génie mécanique; 4- Technologue et technicien en génie électronique et électrique.

Quel contraste que de lire la veille dans Le Nouvelliste que le Cégep de Trois-Rivières ferme l’admission de ses programmes d’études précisément dans ces quatre domaines: 1- Métallurgie/Contrôle des matériaux; 2- Mécanique du bâtiment; 3- Mécanique industrielle; et 4- Électronique/Télécommunications.

Le faible nombre de demandes d’admission n’est pas la seule ni même la principale cause de ces fermetures de programmes d’études au Cégep de Trois-Rivières. Le sous-financement du réseau collégial, entre autres, a mené à une surembauche et à un déficit d’opération devenu insupportable pour la direction du collège. Nos députés régionaux, particulièrement Jean-Denis Girard et Julie Boulet, de même que la ministre Hélène David, doivent être au fait de la situation actuelle. Des conséquences néfastes et inestimables sont à prévoir pour notre jeunesse régionale et pour notre économie nationale si le Cégep va de l’avant avec les fermetures annoncées de programmes d’études menant à des professions d’avenir. Nos politiciens doivent s’enquérir rapidement de la véritable cause de la fermeture de ces programmes et ils doivent trouver une solution rapide au problème. Le Conseil d’administration du Cégep aura à prendre la décision finale le 28 mars prochain à propos de ces fermetures annoncées. Le temps presse afin d’éviter une catastrophe.

Déjà depuis plusieurs années, il y a inéquation évidente entre le besoin de finissants et les demandes des employeurs pour ces programmes d’études techniques qui forment la main-d’œuvre qualifiée de demain. On s’est longtemps réjoui de taux de placement des finissants frôlant 100 % sans se rendre compte que ce taux merveilleux pointait directement l’inadéquation avec le marché du travail. Ce n’est pas en fermant des programmes d’études qu’on résoudra l’équation, mais en mettant sur pied un courageux plan de recrutement préférentiel pour satisfaire à la demande économique nationale et en finançant adéquatement le réseau collégial.

Comment peut-on sérieusement faire miroiter des perspectives d’avenir aussi merveilleuses à notre jeunesse alors que nous refusons de la former pour y accéder?

Michel G. Bérard

Trois-Rivières