Être heureux ou avoir raison…

OPINION / L’auteur, Jean-Guy Dubois, est maire de la Ville de Bécancour.

En marge du conflit à l’Aluminerie de Bécancour (ABI), on a vécu depuis dix-huit mois entre espoirs et déceptions, au gré des déclarations, des interprétations, des tentatives non résolues, des stratégies, des affrontements de philosophie…

Je me suis abstenu de toute prise de position puisqu’il s’agit d’une affaire – au risque de me répéter – que je ne connais pas, que je ne comprends pas et pour laquelle je ne vote pas!

Il m’apparaît que la récente convention signée à l’usine de Baie-Comeau, même si plusieurs éléments peuvent différer, nous apporte un élément significatif et qui présente une occasion de reprise de dialogue.

Je préside un conseil municipal qui risque gros dans ce conflit. Nous n’avons pas le droit de ne pas nous inquiéter quant à l’issue de cette saga.

Loin de minimiser l’impact sur les travailleurs et leur famille, sur les affaires de la compagnie et des entreprises de services et de sous-traitance, je dois souligner l’impact catastrophique sur la santé financière de la Ville de Bécancour. J’éviterai de vous assommer de chiffres et me contenterai d’établir qu’il pourrait atteindre 16 % de nos revenus globaux. Je rappelle aussi la fermeture récente de Sural, cette entreprise qui s’approvisionnait directement chez ABI (perte d’activité économique, d’emplois et d’apports fiscaux).

Pour les deux parties, l’objectif m’apparaît pourtant simple: produire de l’aluminium à Bécancour pour au moins les 25 prochaines années. Pour ce, il faudra de part et d’autre mettre un peu de cœur à la place des préceptes et grands débats. Chercher à être heureux avant d’avoir raison.

Avant d’en arriver aux ultimes mécanismes légaux, ne devrait-on pas essayer de se parler, peu importe le format?

Bref, je demande simplement aux deux parties de reprendre la discussion, se donner une ultime chance d’en finir avec cette lutte de perdants. Le plus tôt sera le mieux!

Mon cri du cœur aura au moins la vertu de remplacer la locution «j’aurais donc dû» par «j’aurai au moins essayé».