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Et si on se souhaitait [d’abord] la santé?

Carrefour des lecteurs
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Le Nouvelliste
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OPINIONS / Après avoir passé Noël dans nos bulles familiales, nous nous apprêtons à amorcer la nouvelle année dans nos chaumières. Chacun chez soi. Confinés encore une fois.

En espérant que la tempête, qui a soufflé la vie à plus de 1,7 million de personnes à travers le monde - plus de 8000, au Québec seulement - s’apaise enfin.

Mais de quoi allons-nous parler, en cette soirée du 31 décembre, à l’heure du souper, lors d’une nouvelle session Zoom? Qu’allons-nous retenir de cette année 2020?

1) du vaccin tant attendu qui va nous redonner la liberté perdue?

2) de la gestion de la pandémie par les gouvernements Trudeau et Legault?

3) des conspirationnistes et de leurs théories basées sur des arguments bien difficiles à décoder?

4) de l’échec lamentable des CHSLD?

5) de la faillite annoncée de milliers de petits commerces qui n’ont pas eu la chance d’être traités avec équité face aux Costco et Walmart de ce monde?

6) de l’épuisement chronique des infirmières, des médecins et du personnel soignant, qui sont allés au front pour limiter la propagation du coronavirus?

7) du traitement inadmissible réservé aux préposé(e)s aux bénéficiaires?

8) des «tricheurs» qui sont allés se faire bronzer la bedaine dans les tout-inclus en trinquant à leur propre «libârté!», au bar de la piscine chlorée?

9) des ravages innommables causés par l’exécrable Donald Trump, et de l’immense espoir que suscite l’arrivée au pouvoir du rassurant Joe Biden?

10) de la possible conquête de la Coupe Stanley par nos Glorieux à l’été 2021?

Je ne sais pas pour vous, mais en ce qui me concerne, je vais d’abord et avant tout nous souhaiter la santé en 2021.

Je ne sais pas pour vous, mais pour la première fois de ma vie, je réalise à quel point il s’agit d’un bien précieux, et que sans la santé, tout bascule, tout s’en va bêtement.

J’ai perdu des amis, des collègues, depuis le début de la pandémie.

J’ai appris leur décès en lisant le journal, ou sur les réseaux sociaux.

Janis and Uri Segal celebrate Thanksgiving with a virtual zoom with their family before a small dinner together, as they try to prevent the spread of coronavirus disease (COVID-19), in Detroit, Michigan, U.S. November 26, 2020. REUTERS/Emily Elconin

Je n’ai pas pu leur dire un dernier au revoir.

Je pense à Martin, à Monique, à Michel, Gilles, qui sont partis en coup de vent.

Ce soir, pour terminer l’année sur une note plus réjouissante, nous allons nous dire que le pire est derrière nous et que dans quelques mois, nous allons recommencer à fréquenter les restos, aller au cinéma, réserver des chambres d’hôtel, reprendre l’avion, en portant nos masques, pour nous rendre à Madrid ou à Vancouver.

Nous allons pouvoir renouer avec notre monde, nos amis, nos proches. Nous allons reprendre contact. Nous rapprocher. Se faire l’accolade.

Ce soir, en espérant un monde meilleur, la conversation va tourner autour du vaccin que nous allons bientôt recevoir, et qui devrait mettre un terme à ce cauchemar qui a trop duré.

Certains d’entre nous vont tout de même hésiter à se faire piquer; d’autres vont se retrousser la manche. La confiance va se regagner à petites doses.

Chose certaine, il n’y aura point de salut sans vaccin.

Ce soir, j’espère qu’on va terminer l’année 2020 en se promettant d’être solidaires, plus que jamais, en ces temps éprouvants. Parce que rien n’est encore gagné, et qu’il faut garder en tête que cette crise sanitaire n’est pas sans nous rappeler la grippe espagnole qui avait fait des dizaines de millions de victimes, à compter de 1918, un peu partout sur la planète.

Prenons toutefois le temps de célébrer et de lever notre verre – de champagne ou de mousseux, c’est selon – en espérant que demain, ça va… mieux aller.

Yvon Laprade

Journaliste et auteur

Saint-Élie-de-Caxton