Et si on était en novembre 2043...

Intéressant pour plusieurs de jeter un coup d’œil en arrière et se rappeler ce qui se passait dans notre petit monde, en 2018.

Ça fait déjà 25 ans. Le cannabis venait d’être légalisé au Canada et c’était, dès le départ, la folie furieuse aux points de vente.

Au travail, presque le plein emploi; on manquait d’effectifs partout.

La femme prenait sa place dans tous les domaines et les mononcles cochons voyaient leurs couilles mises à nues sur la place publique.

La pension fédérale était toujours octroyée à 65 ans et les rentes du Québec, versées à partir de 60 ans.

Lors des élections, on allait encore dans des pôles de votation pour exprimer nos choix avec un crayon.

Chaque année, vers la fin de l’hiver, on devait produire un rapport d’impôt aux deux paliers de gouvernement supérieurs.

Les voitures à énergie électrique étaient minoritaires mais en croissance.

Aux États-Unis, l’ex-président Donald Trump constituait la risée populaire aux quatre coins du globe.

De retour chez nous, la mode vestimentaire et les bijoux avaient encore la cote tout comme les tatouages et les danses de ligne, surtout chez les 55 ans et plus.

Notre bon peuple était toujours friand de viande rouge et des centaines de milliers de personnes n’avaient pas de médecin de famille.

Un couple sur trois résistait à l’usure.

Au plan spirituel, quelques églises ici et là tardaient à rendre l’âme; on y célébrait encore un mariage de temps à autre, quelques cérémonies funèbres, baptêmes, spectacles musicaux et… c’est tout.

Le crucifix attendait tristement dans ses derniers retranchements et ailleurs à Rome, on pouvait encore se procurer des chapelets et des statues à prix de liquidation.

Enfin, au plan social, le culte de la vedette était encore roi. Les uns se nourrissaient de la vie privée des têtes d’affiche, les chasseurs d’autographes se bousculaient pour obtenir la faveur d’une vedette et les autres… faisaient la même chose.

On se créait donc régulièrement des petits dieux à la place de celui que d’aucuns appelaient encore l’Être suprême et qui tirait lentement sa révérence.

Aujourd’hui, je suis décédé bien sûr, mais je me souviens quand même de cet automne froid de 2018, où le quotidien Le Nouvelliste était toujours disponible en version papier.

Notamment, il y avait cette page, pour les opinions…

Roger Matteau

Shawinigan