Et si le confinement faisait notre affaire?

OPINIONS / Je me préparais au confinement depuis quelques années, et cela sans le savoir.

Depuis une décade, je magasine sur Internet. J’ai renouvelé ainsi toute ma garde-robe à un prix ridiculement bas, sans compter que j’y effectue tous les paiements de mes factures. Comme je déteste faire l’épicerie, IGA.net était mon sauveur même à vingt-deux heures le soir, dans le calme de ma maison. On me livrait mes denrées à la maison, au moment que j’avais choisi.

N’ayant pas d’enfant et étant en affaires depuis de nombreuses années, contrairement à la situation de bien des gens, j’ai voyagé avec mon mari pendant 20 ans, au point que je suis saturée des voyages. Et c’était au temps où il n’y avait pas toutes ces restrictions et interdictions à l’aéroport. À chaque fois, après trois semaines en pays étranger, à parler une langue étrangère, j’étais contente de rentrer à la maison. Qu’on est bien chez nous!

Depuis trois ans, j’embellis ma maison, que je trouvais à l’époque déjà magnifique. C’est notre château. Mais, ma maison n’est absolument pas un château, mais une petite maison. J’ai appris à m’en contenter, même si elle n’est pas du dernier modèle, puisqu’elle a plus de 30 ans. Je l’ai mise belle à mon goût dans la mesure de mon budget, et j’en suis ravie.

Je me suis aussi désengagée de plusieurs clubs dont je faisais partie, vu la répétition des mêmes choses et de l’ennui qui s’en suivait, je préférais rester chez moi. J’ai suivi tellement de cours de toutes sortes, j’en suis saturée.

Pour les restaurants, rien ne nous épate plus aujourd’hui, depuis les jours où nous avons visité, durant nos nombreux voyages, les plus beaux hôtels, les plus beaux sites, et restaurants du monde et depuis le jour de mon anniversaire, il y a quelques années, où ayant réservé une semaine d’avance, dans un restaurant bien connu de Trois-Rivières, nous avions été placés à une très petite table accolée à un mur sans cadre accroché. Nous avons refusé la table qu’on nous offrait, pour finalement se retrouver chez nous, à allumer le feu de foyer, à mettre notre musique préférée, et à danser ensemble dans notre salle à manger, tout en dégustant des huîtres, du fromage et du saumon fumé, accompagné d’un verre (plusieurs verres) de champagne. Qu’on est donc bien chez nous!

L’été, il m’est arrivé deux années de suite, d’acheter les passeports pour le Festivoix, pour nous deux et ne pas y aller une seule fois. Le soir venu, nous préférions rester chez nous. De même pour certains concerts et événements. On donnait nos billets à quelqu’un qui voulait y aller. On préférait rester chez nous! Et c’est comme tel qu’on est heureux.

Je m’adonne au jardinage depuis de nombreuses années et ma cour est, au dire de ma tante qui est religieuse, le «paradis terrestre». Venant d’une religieuse, c’est tout un compliment! Pourquoi voudrais-je quitter le paradis terrestre, pour aller me faire bousculer dans une foule, voir des gens me cacher la vue de l’artiste qui donne un spectacle, parce qu’ils se lèvent debout devant moi? J’aime mieux les écouter sur disque au moment qui me convient et cela sans entraves. Je suis bien chez moi!

Il y a tant de choses qu’on peut faire: lecture, peinture, dessin, exercices physiques avec vidéo, apprendre un tas de choses sur Internet, même une nouvelle langue, ou perfectionner celles qu’on connaît déjà, lire dans ces langues étrangères pour en apprécier la culture, etc. La compagnie devient alors superflue, dérangeante et intrusive.

Chantal De Longchamps

Bécancour