Photo: Stéphane Lessard

Et si je traînais un cowboy derrière mon auto?

En réaction à la lettre de Gilbert Mercure intitulée «Les ruades d’une industrie moribonde» et à la chronique de Jean-Marc Beaudoin intitulée «On sort les lassos», publiées dans notre édition du 14 avril dernier.

Il y a des millénaires, les gens s’enthousiasmaient lorsqu’un chrétien était dévoré par des lions. Pendant des décennies aussi, les gens assistaient à des corridas alors que les toréadors enfonçaient leurs épées sur le taureau jusqu’à ce que mort s’en suive. Les gens se levaient et applaudissaient à en perdre la tête. Leur joie était innommable devant les souffrances de toutes ces pauvres bêtes et la mort d’un chrétien.

Encore aujourd’hui, plusieurs personnes s’enthousiasment devant l’utilisation d’un animal pour leur propre divertissement. C’est ce que j’appelle la bêtise humaine.

Dans Le Nouvelliste du 14 avril dernier, M. Gilbert Mercure parle d’une industrie moribonde. Ce qu’il écrit est véridique car l’enjeu monétaire pour plusieurs intervenants en faveur d’utilisation des animaux comme divertissement est plus important que le bien-être des animaux. Ces organisateurs se foutent des bêtes car les activités sont tellement payantes qu’ils peuvent se payer d’autres bêtes afin de collecter encore plus d’argent.

Les vétérinaires qui sont payés par les organisateurs n’auront jamais le courage de dire la vérité car leurs revenus sont très payants et ces activités leur procurent du travail. C’est une industrie payante et comme je le constate souvent, l’argent mène le monde, au détriment du respect, des valeurs et de l’évolution.

Surprenant et décevant de lire les propos du chroniqueur M. Jean-Marc Beaudoin qui, de toute évidence, considère lui aussi que les retombées économiques sont plus importantes que le bien-être des animaux. C’est ce que j’appelle les mentalités de fin fond de campagne. Que le cowboy subisse plus de stress ou de blessures que l’animal, je n’en ai rien à cirer car le cowboy le fait consciemment. Imaginez, si vous le pouvez, que l’animal qui se fait courir après et attacher les pattes pour ensuite se faire traîner sur une certaine distance est un chien. Ou un chat. Les mordus de ce genre d’activités essaieront de me faire croire que l’animal ne subit pas de stress et aucun traumatisme.

Tel que mentionné par M. Mercure, les animaux sont dotés de sensibilité. Mes chats sont décédés de complications de diabète, de cancer de l’estomac et de vieillesse. Des maladies d’humains tout aussi souffrantes pour les humains que pour les animaux.

Les gens qui veulent voir des animaux de ferme n’ont qu’à se déplacer sur les fermes. La prochaine fois que je vois un cowboy, je lui lance mon lasso autour du cou et je le traîne derrière mon auto. J’espère que les gens vont m’applaudir!

Anne-Sylvie Duquette

Saint-Boniface