Et la spiritualité?

OPINIONS / Il fut un temps où la spiritualité occupait une bonne partie de notre vie. C’était comme un besoin naturel et nous allions à l’église pour refaire le plein et «recharger nos batteries» pour affronter la vie. Les bonnes paroles d’un curé savaient nous réconforter et nous repartions revigorés et le cœur rempli d’amour.

Mais il y a déjà un bon bout de temps que ce mot est disparu de notre vocabulaire. On a accusé les religions de tous les maux, disant même qu’elles étaient responsables des guerres. On a créé un état laïque et on a aseptisé nos consciences. Aujourd’hui, même en ce temps de pandémie, il faut croire «seulement à la science», c’est le bon docteur qui le dit. Jamais, aucun de nos grands cerveaux n’a osé parler qu’on pouvait prier ou demander l’aide d’un aide suprême. J’ai visité souvent un CHSLD et je voyais que les vieux, comme on les appelle, avaient dans leur chambre un petit coin avec une madone, un crucifix ou un chapelet, un livre de prière et à l’occasion un petit ange gardien. Et ces gens priaient chaque jour et gardaient confiance en la vie.

On a empêché leurs proches d’aller les visiter et partager avec eux quelques moments de spiritualité et les accompagner vers le passage vers l’au-delà. Plusieurs nous ont quittés, isolés et on ne pouvait même pas respecter leur dernière volonté d’avoir un service religieux.

Le mot «ange gardien» est maintenant allégrement galvaudé. J’ai bien aimé cette préposée qui racontait qu’elle prenait le temps de s’asseoir avec ces gens, de prier ou chanter avec eux, de leur lire des versets des écritures pour les réconforter. Elle était vraiment un ange gardien!

Rempli de bonnes intentions, notre premier ministre va délier les cordons de la bourse pour attirer des préposés qui, dit-il, auraient la «vocation». Soyons sérieux! C’est le pouvoir de l’argent qui est en cause. C’est bien qu’on paie ces personnes à leur juste valeur car c’est un travail essentiel très difficile et qui n’était jamais valorisé. Mais payer des gens 740$ par semaine pour les former, ou devrais-je plutôt dire les attirer, est nettement exagéré.

Pour revenir à mon sujet, j’ai bien hâte qu’on ouvre nos églises. Avec une assistance d’une quarantaine de personnes, la distanciation ne sera pas un problème. C’est rendu que le seul programme que j’ai hâte d’écouter à la TV est la messe du dimanche à 10 h à Radio-Canada avec les chants, l’orgue et l’homélie.

Gaston Bouffard

Shawinigan