Entrouvrir la porte

OPINIONS / En réaction à la lettre d’Hélène Arseneault intitulée «Existe-t-il quelqu’un, quelque part?», publié le 18 décembre dernier.

Madame, j’ai lu et relu votre article paru dans l’édition du 18 décembre. Il s’agissait d’un questionnement que j’ai eu beaucoup de peine à ne pas trouver très sombre. Oh, me direz-vous, chacun a droit à son opinion, à sa vision, et je vous l’accorde. Or, il semble que vous voyez le monde, tout le monde, un peu plus noir qu’il ne l’est en réalité. Ou peut-être n’orientez-vous pas le regard dans la bonne direction?

Je ne crois pas que toutes les femmes et tous les hommes ont été investis si négativement que la détresse semble les avoir envahis. Mais non, madame, elle n’a pas envahi tout le monde, au contraire. Autour de nous, de vous, il y a à mesure égale autant de femmes et d’hommes qui tendent la main, qui ouvrent leur cœur, qui sont là pour aider les unes et les autres à se départir de cette chape si lourde que vous décrivez.

Certains courent, certaines subsistent. Parmi tous ceux-ci, quelqu’un ne pourra subir la pression, et quelqu’un en fera fi. La personne qui en fera fi aura envie de donner, de partager sa pensée. Elle ne se sentira jamais trop pressée pour tendre la main. Ces personnes ont un sens plus noble que ce que vous décrivez. Et elles sont de plus en plus nombreuses à donner d’elles-mêmes, souvent pour un prochain qu’ils ne connaissent pas.

Ils sont là, tout près, à servir de point d’ancrage, de repère, de lumière pour ceux dont la vision est brouillée par le chagrin, la peur, le manque, la faim, le désespoir. Tout ne s’achève pas toujours en cours de route vous savez. Ce sont les organismes communautaires qui, doucement, font entrevoir la lumière. Puis, se greffent à ces organismes des dizaines de bénévoles qui donnent sans compter, leur temps, leur épaule, et qui tendent leur main. Ils sont partout.

Aller vers eux peut sembler difficile, une montagne à escalader pour qui est vide de son énergie, et rempli de son désespoir. Ils iront alors vers lui, ou elle, ou eux. Il suffit d’entrouvrir la porte, et de regarder le visage bienveillant qui s’offre de partager le mal dont femmes ou hommes sont parfois affligés. Les organismes communautaires font partie de la solution. Si vous n’avez pas besoin de leurs services, allez les rencontrer afin de peut-être offrir les vôtres.

Vous découvrirez alors un monde de bonté, qui, bien souvent, accomplit des miracles.

Si vous traversez un couloir mal éclairé, ne vous gênez pas pour aller y voir de plus près. Le jugement n’existe pas dans les organismes communautaires et chez les bénévoles qui y œuvrent pour vous redonner le sourire et l’espoir. Je vous souhaite un très heureux temps des Fêtes.

Claudette Claveau

La Tuque